Et de neuf (… sans faire de l’ancien)

Voilà donc une neuvième saison (déjà) qui vient de se terminer à Roussillon. Il semble qu’elle est passée plus vite que les autres, peut-être à cause de l’actualité, peut-être à cause du travail qui a été intense.. Même si au final j’ai vendu moins d’aquarelles cela a été compensé par la vente de grands formats que je ne vends pas si souvent.. Mes ruelles sont parties, certains paysages dans le mouillé, quelques rivières.. Tout le reste est maintenant ramené à la maison ; un grand bazar ; provisoire bien sûr.. Ah oui, j’oubliais : je n’ai plus de fruits (et même mon lit se transforme en*… présentoir..).. Il faudra donc que je peigne beaucoup cet hiver pour reconstituer un stock . Neuf ans à faire du neuf, des aquarelles toujours originales et différentes, même si certains sujets plus anciens ont été refaits , mais avec un oeil nouveau. Le grand défi est là : se renouveler. Ne pas tomber dans la répétition et s’enliser dans la caricature de soi-même.. C’est cela le plus difficile. Vraiment. Car l’on est confronté à la demande (souvent commerciale) de ce qui se vend, au détriment de la création pure et épanouissante.. Rattrapé par la réalité économique. Payer son loyer, ses URSSAF, ses fournitures, etc.. Il y a pire comme dilemme, j’en suis conscient. Je reste accroché à mes rêves (d’artiste), comme un enfant accroché à ses illusions, comme un chêne à ses racines profondes, comme un intégriste accroché à sa vision moyenâgeuse du monde (Humm, parallèle un peu foireux, j’avoue…) . Heureusement j’éprouve toujours du plaisir à peindre, quel que soit le sujet ; et c’est le plus important.

Mon dernier paysage dans le mouillé est une parenthèse printanière en cet automne pluvieux : Les (fameux) arbres de Judée :

Un format assez grand (45 x 48 cm environ), sur du papier Canson Montval. Un genre d’envolée lyrique qu’il est agréable de faire.

Novembre commence sur des bases assez agitées niveau météo.. Les tempêtes sont fortes, pluies et vents au rendez-vous. C’est très pénible d’avoir les cheveux dans les yeux avec ces bourrasques et d’être tout le temps en train de se recoiffer.. Sans compter que je frise.. Ben voyons.. Oui, je sais, je frise surtout le ridicule, mais bon , au moins il ne tue pas.. Si je raconte des bêtises c’est bien sûr pour faire sourire un peu. En ce moment le monde a besoin de sourires, et d’émerveillements.. Même sur des choses dérisoires (comme on peut les trouver sur ce blog)..

Il y a de quoi s’émerveiller de bien des choses, il suffit juste de prendre le temps. Les ciels sont magnifiques, les couleurs d’automne également :

Cette petite aquarelle est juste là pour vous le rappeler.

L’automne est comme musical. Une symphonie de couleurs. Une valse. Une valse à 3 temps, une valse à 20 ans, comme disait Brel : une valse à 1000 temps offre seule aux amants 333 fois le temps de bâtir un roman…

Ouais, encore des références de vieux croutons.. Désolé. Je reste nostalgique d’ une vision du monde plus simple et plus tolérante. J’ai toujours du mal à comprendre pourquoi l’on peut tuer pour des questions de religions, de races ou de territoires.. Tant de siècles d’évolutions pour ça.. (Il convient de réécouter « Et si en plus y a personne », de Souchon)..

C’est donc pour cela que l’un des exercices de ce mois est un olivier, arbre de Paix. Il y a aussi des olives, et un magnifique embrasement d’automne.. De quoi faire de belles aquarelles. Les premières réponses ont déjà été affichées.

Je vous remercie pour vos nombreux messages sympathiques (auxquels je n’ai jamais assez de temps pour répondre), ainsi que pour votre fidélité.. Je m’effraie parfois du nombre de lecteurs de ce blog.. Des centaines.. (sans compter les non abonnés dans l’anonymat derrière leur écran..) A la limite ça fout la trouille.. (comme disait Alain Chabat)..

Bon, je vous laisse . Dans l’intense voyage de l’émerveillement, même des petits riens, dans la valse à trois temps (ou à 1000 temps) qui fait votre vie…

A bientôt !

2 réflexions au sujet de « Et de neuf (… sans faire de l’ancien) »

  1. Un grand merci Jacques. Je lis toujours avec grande émotion votre écriture. Vous êtes un grand poète. La nostalgique du beau temps est présente.
    Merci pour vos aquarelles automnales douces et nostalgiques
    Bien cordialement
    Thi tri

Répondre à Martin Annuler la réponse.