Mélancolie d’automne

Il pleut, il fait froid et humide, il y aurait de quoi se plaindre (comme tout bon français qui se respecte), mais je me garde toujours de tomber dans l’insatisfaction permanente de ce qui me manque alors qu’il faut se réjouir de ce que l’on a.. J’ai par exemple un cousin en Bretagne qui , suite à la tempête Ciaran, a eu plusieurs jours d’électricité coupée, 9° dans la maison, il est facile de relativiser. Et c’est encore plus évident quand on voit à la télé les champs de ruines dans lesquels vivent certaines populations à cause des guerres actuelles.. Se plaindre de la grisaille serait déplacé.

Il subsiste cependant une forme de mélancolie automnale, le front aux vitres à regarder la pluie, comme on regarde ces heures qui défilent et nos souvenirs, et l’on succombe à penser , comme le chantait Barbara : « Que tout le temps perdu ne se rattrape plus »..

Le front aux vitres, pour ceux qui aiment la poésie, est une référence à Paul Eluard, quand il écrivait :

« Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin, Je te cherche par delà l’attente, par delà moi-même, Et je ne sais plus tant je t’aime, Lequel de nous deux est absent.. »

Ce sont des vers magnifiques, que je pourrais dédier à l’aquarelle quand cela fait quelques jours que je n’ai pas peint. Il y a une forme de manque. Une forme d’addiction à ce plaisir de manier l’eau et les pigments de façon à faire naitre un imprévisible paysage.. La beauté est dans l’imprévisible.

Voici un exemple de ce qui est sorti de ma tête récemment :

Une féérie de l’automne. Mais ce qui rend la chose intéressante c’est la possibilité de le voir aussi comme un printemps aux champs de coquelicots. Nous voyons toujours les choses comme cela nous arrange. Pour info, cette aquarelle a été peinte sur du Canson Montval, format 35 x 50 cm.

Voici une autre vision, vraiment très automnale cette fois :

Travaillée (comme la précédente) dans le mouillé sur mouillé. Intitulée « Chanson d’automne », sans doute à cause des chansons qui me viennent en tête quand je peins.. « Une chanson que me fredonne l’automne, les tâches rousses de septembre, etc.. (je n’ose même pas vous donner le nom de ce chanteur espagnol… trop kitsch..)… Bref.. Le temps est vraiment à la nostalgie et des feuilles mortes (qui se ramassent à la pelle)..

N’allez pas croire que mes aquarelles actuelles ne sont qu’automnales ; mes élèves peuvent témoigner de celles représentant des calanques ou des oiseaux en ce moment, mais elles sont inspirées d’autres aquarellistes et je ne peux les afficher sur mon site .

Les réponses aux exercices ont été extrêmement rapides ce mois-ci , je n’ai pas eu la possibilité de poster celles de Dominique ou Claire par exemple, comme quoi les sujets proposés vous ont inspiré.. J’ai pris le temps d’écrire mes commentaires hier. Je ne suis pas sûr de pouvoir poster ma propre version, tout dépend de ma disponibilité.

La vision (déjà !) des décos de Noël, des chocolats, etc.. dans les grandes surfaces me désespère.. Et si par malheur j’entends Mariah Carey chanter « All I want for christmas » là j’ai carrément envie de crier.. (Un peu le cri que l’on fait quand on pose ses fesses sur la lunette trop froide des toilettes..).. Désolé. Je râle.. Bon , je continue : Pour Noël, faite simple.. inutile de m’offrir une Ferrari ou une Porsche.. JE N’AI PAS LA PLACE !! Du papier aquarelle suffira. (C’est presque le même prix, si c’est de l’Arches.. j’exagère à peine..). Ouais , je plaisante, ceux qui me suivent depuis longtemps savent que je ne suis pas très attaché aux choses matérielles.. La santé de mes proches c’est le plus important.

Prenez donc soin de vous, réjouissez-vous de la beauté de la pluie qui tombe (comme  » des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas »), et si la mélancolie vous épouse parfois, n’en prenez que le meilleur pour peindre de belles aquarelles..

La vie est faite de tout cela.

A bientôt !

Et de neuf (… sans faire de l’ancien)

Voilà donc une neuvième saison (déjà) qui vient de se terminer à Roussillon. Il semble qu’elle est passée plus vite que les autres, peut-être à cause de l’actualité, peut-être à cause du travail qui a été intense.. Même si au final j’ai vendu moins d’aquarelles cela a été compensé par la vente de grands formats que je ne vends pas si souvent.. Mes ruelles sont parties, certains paysages dans le mouillé, quelques rivières.. Tout le reste est maintenant ramené à la maison ; un grand bazar ; provisoire bien sûr.. Ah oui, j’oubliais : je n’ai plus de fruits (et même mon lit se transforme en*… présentoir..).. Il faudra donc que je peigne beaucoup cet hiver pour reconstituer un stock . Neuf ans à faire du neuf, des aquarelles toujours originales et différentes, même si certains sujets plus anciens ont été refaits , mais avec un oeil nouveau. Le grand défi est là : se renouveler. Ne pas tomber dans la répétition et s’enliser dans la caricature de soi-même.. C’est cela le plus difficile. Vraiment. Car l’on est confronté à la demande (souvent commerciale) de ce qui se vend, au détriment de la création pure et épanouissante.. Rattrapé par la réalité économique. Payer son loyer, ses URSSAF, ses fournitures, etc.. Il y a pire comme dilemme, j’en suis conscient. Je reste accroché à mes rêves (d’artiste), comme un enfant accroché à ses illusions, comme un chêne à ses racines profondes, comme un intégriste accroché à sa vision moyenâgeuse du monde (Humm, parallèle un peu foireux, j’avoue…) . Heureusement j’éprouve toujours du plaisir à peindre, quel que soit le sujet ; et c’est le plus important.

Mon dernier paysage dans le mouillé est une parenthèse printanière en cet automne pluvieux : Les (fameux) arbres de Judée :

Un format assez grand (45 x 48 cm environ), sur du papier Canson Montval. Un genre d’envolée lyrique qu’il est agréable de faire.

Novembre commence sur des bases assez agitées niveau météo.. Les tempêtes sont fortes, pluies et vents au rendez-vous. C’est très pénible d’avoir les cheveux dans les yeux avec ces bourrasques et d’être tout le temps en train de se recoiffer.. Sans compter que je frise.. Ben voyons.. Oui, je sais, je frise surtout le ridicule, mais bon , au moins il ne tue pas.. Si je raconte des bêtises c’est bien sûr pour faire sourire un peu. En ce moment le monde a besoin de sourires, et d’émerveillements.. Même sur des choses dérisoires (comme on peut les trouver sur ce blog)..

Il y a de quoi s’émerveiller de bien des choses, il suffit juste de prendre le temps. Les ciels sont magnifiques, les couleurs d’automne également :

Cette petite aquarelle est juste là pour vous le rappeler.

L’automne est comme musical. Une symphonie de couleurs. Une valse. Une valse à 3 temps, une valse à 20 ans, comme disait Brel : une valse à 1000 temps offre seule aux amants 333 fois le temps de bâtir un roman…

Ouais, encore des références de vieux croutons.. Désolé. Je reste nostalgique d’ une vision du monde plus simple et plus tolérante. J’ai toujours du mal à comprendre pourquoi l’on peut tuer pour des questions de religions, de races ou de territoires.. Tant de siècles d’évolutions pour ça.. (Il convient de réécouter « Et si en plus y a personne », de Souchon)..

C’est donc pour cela que l’un des exercices de ce mois est un olivier, arbre de Paix. Il y a aussi des olives, et un magnifique embrasement d’automne.. De quoi faire de belles aquarelles. Les premières réponses ont déjà été affichées.

Je vous remercie pour vos nombreux messages sympathiques (auxquels je n’ai jamais assez de temps pour répondre), ainsi que pour votre fidélité.. Je m’effraie parfois du nombre de lecteurs de ce blog.. Des centaines.. (sans compter les non abonnés dans l’anonymat derrière leur écran..) A la limite ça fout la trouille.. (comme disait Alain Chabat)..

Bon, je vous laisse . Dans l’intense voyage de l’émerveillement, même des petits riens, dans la valse à trois temps (ou à 1000 temps) qui fait votre vie…

A bientôt !

Les petites victoires

Ce n’est pas grand chose, mais la vie offre parfois de petites satisfactions qu’il faut savoir apprécier.. L’aquarelle représente une grande partie de ma vie (puisque je peins presque tous les jours), et la présence à la galerie contraint bcp mon emploi du temps.. Malgré tout, je fais mon possible pour libérer quelques heures en soirée pour disputer parfois un tournoi de tennis. « C’est une question d’équilibre » (comme dirait Francis), car il m’est nécessaire de bouger pour compenser l’immobilisme de mon activité principale.. Vous ne verrez pas ma photo en short sur cet article, mais elle est visible sur ma page Facebook..

J’ai donc eu le bonheur (et la fierté) de remporter le tournoi de Carpentras dans ma catégorie (+55), avec comme lot une grosse bouteille de bière..(oui, j’aurais préféré du Champomy..)..4 matchs remportés (dont l’un au lendemain d’une anesthésie générale) c’est très appréciable.. Certes , la terre battue avantage mon jeu de grand-mère neurasthénique (et asthmatique), ce n’est pas aussi flamboyant que du Federer, mais je me bats avec mes armes : l’abnégation et la rapidité. En ramenant tout ce que je peux, avec la peur de perdre, plus que la volonté de triompher.. Tout ça pour que je puisse le raconter à mon père et mes enfants, comme si ces petites victoires valorisaient mon égo à leurs yeux..

Je ne manque pas de faire le parallèle entre la pratique de l’aquarelle et celle du tennis ; il faut là aussi de l’abnégation, ne jamais se décourager, même quand on galère devant un sujet plus fort que nous . Les petites victoires proviennent de ces moments de grâce que l’on touche parfois, même sur 2 cm carrés, quand le fondu des couleurs répond à nos attentes, ou quand l’harmonie qui se dégage nous évade quelques instants..

Ce n’est pas grand chose, mais c’est parfois un essentiel sur le court instant de la vie.

Alors que la fin approche (celle de la saison à la galerie) j’ai peint cette chapelle (inspirée de celle de Blauvac) en automne :

J’ai forcé un peu les couleurs, je sais ; c’est surement parce qu’il faut détourner l’attention de cette actualité israélo-palestinienne qui démoralise.. (Du coup, ils parlent moins de la guerre en Ukraine..). Bref, je renforce volontairement les intensités des vignes, des oliviers, des collines, pour donner des contrastes plus forts..

La dernière fois je vous montrais une ruelle provençale avec un chat , et je vous disais qu’il n’y était pas.. (Se méfier des apparences et des fausses informations).. C’est un peu pareil avec cette dernière aquarelle en technique « illustration bichrome » :

C’est un sujet que je n’ai JAMAIS fait.. Si si je vous l’assure.. Bon, ok, si vous ne me croyez pas c’est que vous ne gobez pas tout ce que vous entendez ou regardez sur les écrans.. C’est bon signe..

J’ai peint aussi un joli paysage en mouillé sur mouillé avec des arbres de Judée hier ; je vous le montrerai la prochaine fois ; si vous êtes sages.. Hé oui, la fin de saison à Roussillon se rapproche, plus que quelques jours avant de ramener les « enfants » à la maison.. Les « enfants » étant mes aquarelles ; celles qui n’ont pas trouvé « d’adoptants » cette année.. Ce n’est que partie remise..

J’avoue hésiter à mettre cette affichette sur la porte d’entrée :

Il y a aussi : « Si je ne suis pas là, c’est que je suis las ».. C’est un peu le même genre de message, cela veut dire, nous avons assez donné, on se retrouve après la pause..

En revanche, pas de pause en novembre pour les exercices pour élèves .. Le prochain sera proposé mercredi normalement.. Je sais que vous êtes nombreux à les attendre.. Je vous souhaite des petites victoires sur les batailles que l’aquarelle vous demande ; elles sont quand même plus agréables que d’autres batailles..

« Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite, et recevoir ces deux menteurs d’un même front  » (R. Kipling), alors vous aurez compris beaucoup de choses..

Je terminerai avec cette petite phrase issue d’une série Netflix appréciée que j’ai regardée récemment : « Sachez que vous êtes aimé(e).. »

A bientôt !

A la fin de l’envoi je (re)touche

Un petit clin d’oeil à Cyrano pour commencer, désolé si mes références sont un peu vieillottes ..(j’avoue avoir du mal à trouver des citations de Kim Kardashian).. Quand arrive la fin de saison j’arrive moi aussi en fin d’inspiration et l’énergie est différente. J’en profite pour faire le tour des aquarelles qui « trainent » à la galerie, c’est à dire celles qui attirent moins de regards ou de commentaires, et j’essaye de les retoucher pour les améliorer.. (Quand c’est possible..)

Voici par exemple ce paysage printanier d’amandiers en fleurs ; j’y ai rajouté des cyprès et du rose par endroits pour le rendre plus attractif, et je pense que c’est mieux ainsi :

Rien à voir avec la saison, mais je trouve que cela fait du bien d’avoir un peu de printemps dans le coeur quand arrive la grisaille de l’automne.. Nous ne pouvons nous plaindre de ce mois d’octobre, la douceur des températures a quelque peu atténué les mauvaises nouvelles du monde.. On se console comme on peut.

Les visiteurs de ce mois sont aussi des promeneurs égarés (qui cherchent le sentier des ocres), d’autres sont limite dédaigneux quand ils rentrent et quand on commence à leur expliquer notre travail : « Oh vous savez moi aussi je peins.. » disent-ils.. Sous entendu : ne vous fatiguez pas, on ne va rien acheter, on vient juste comparer avec ce que l’on fait, on sait déjà tout sur la technique… Bref. Ce genre de personnes pas très agréables sont moins supportables en fin de saison , alors qu’un simple sourire peut suffire pour beaucoup de chose.. Il y en a d’autres qui me connaissent par les vidéos You Tube et qui s’étonnent de me rencontrer « en vrai ».. Cela m’amuse, mais s’ils savaient que ces vidéos ne me rapportent qu’environ 4,50 € en 2 mois, il n’y a pas de quoi faire la Star..

Je n’ai presque plus de ruelles ou de façades de villages exposées, il faut dire qu’elles partent rapidement. (Tant mieux !). En voici une rescapée, avec un escalier sur la droite :

Je n’ai pas mis de chat cette fois-ci, non non, je vous assure.. Vos yeux vous jouent des tours.. Il ne faut pas croire tout ce que vous voyez (ou entendez), si j’affirme cela c’est juste pour dire que la manipulation des images, des infos, des médias est devenue si courante (en temps de guerre notamment) qu’il faut vraiment faire attention à ce qui se présente.. L’intelligence artificielle est capable de choses bien étonnantes, y compris des créations artistiques « dans le style » de tel ou tel artiste.. Quelle drôle d’époque..!

En ce moment je fais travailler mes élèves sur des aquarelles qui ne sont pas de moi, et même si j’en fais une version également je ne les mettrai pas sur mon site, par respect pour l’auteur. Cela reste un excellent exercice pour progresser, car la différence d’approche est toujours intéressante.

Un petit mot pour signaler l’exposition à l’espace Pluriel d’Avignon (Rocade sud) de mon ancienne élève Michèle Brûlé. (Jusqu’au 1er décembre). Ce n’est jamais anodin quand on expose ses oeuvres..

Bon, ayant commencé par Cyrano, je ne finirai pas par sa tirade du nez (même si le mien est assez long aussi), mais par ses paroles à Roxane à la fin de l’Acte V, scène 5 : « Non non mon cher Amour , je ne vous aimais pas… »

Parfois quand on peint c’est un peu pareil. Les touches de pinceau sont comme des mots, comme des déclarations aux beautés qui nous entourent.. Comme des aveux à peine murmurés.. On cache sans vraiment cacher.

A bientôt !

Un point de précision

Il y a quelques années de cela j’avais intitulé un de mes articles « Aux illuminés de l’obscurantisme ». C’était suite à des attentats, je ne veux plus me rappeler desquels, mais force est de constater que malgré les années qui passent il reste toujours des décalages entre certaines visons du monde, des rancoeurs, des haines pour des histoires de races ou de religions, comme si le moyen âge persistait à exister chez certains..

Il y a tant d’Amour à donner , dans une vie si courte, pourquoi chercher à nuire ou à convertir à son mode de pensée l’autre qui ne demande rien..?

Personnellement je ne souhaite pas vous convertir à l’aquarelle. Je vous montre juste quelques facettes de ma technique, quelques images destinées à nous évader un peu, et tant mieux si en plus cela sert à vous inspirer ou vous faire progresser..

J’ai finalement trouvé le temps d’écrire mes commentaires sur les exercices du mois, mais ce n’était pas évident. Cela devient redondant, je sais, mais je n’arrive plus à me libérer du temps en cette fin de saison à la galerie. (Plus que 15 jours). J’ai des mails auxquels je n’ai pas pu donner suite, des demandes pour des cours par internet auxquelles je ne peux répondre pour l’instant.. Trop de choses s’accumulent depuis des mois et le manque de vacances se fait sentir. Il faudrait que je puisse en prendre en novembre car je ne suis pas une machine..

Bref, pour changer un peu voici une aquarelle en technique « illustration bichrome » avec un tout simple cabanon :

Un point de précision, ça et là, pour rehausser les contours, les détails, et puis peu de couleurs.

Il y a très longtemps j’avais réalisé un dessin à l’encre représentant 3 vues symboliques de mon village Velleron. Il fallait les lier sur un même format. L’image a été utilisée pour faire la carte de voeux du village (dans les années 2000), mais comme j’ai gardé l’original je me suis décidé à la colorer un peu et à la présenter aux visiteurs :

On peut y voir le pont de l’avocat, l’église, puis la mairie.. La difficulté était de gérer les transitions entre chaque vues différentes..

A part ça, le reste de l’actualité n’est pas folichon.. Perdre d’un point en 1/4 de finale de la coupe du monde de rugby a dû faire pleurer ou râler bcp de français.. Un point de précision peut parfois changer beaucoup de choses.. Il en est de même en dessin ou en aquarelle.

A ma grande déception je n’ai pas reçu le prix Nobel de Physique ni de Mathématique cette année.. Bon, même si je n’avais rien publié à ce sujet, ça fait mal quand même.. Une déception de plus.. Et je viens d’apprendre que la Gay pride ne serait pas organisée en Tchétchénie, ni en Iran (ni en Corée du Nord).. Des informations vraiment étonnantes..

Difficile de sourire de la complexité du monde en ce moment, d’apporter de la lumière dans cet obscurantisme de pensée, d’être léger dans la lourdeur de l’actualité.. Alors peignons ensemble.. Réalisons de belles aquarelles, comme un sourire face à l’intégrisme religieux (d’où qu’il soit), comme une chevelure féminine fièrement montrée en Iran, comme une liberté de penser sans que cette pensée ne soit imposée à l’autre..

L’aquarelle est faite pour rêver, non ?

A bientôt !

L’aquarelle est un territoire partagé

Ce qui est beau dans la rencontre c’est le partage. La relation qui se tisse devant la différence afin que celle-ci ne soit pas un obstacle mais une opportunité d’en apprendre davantage, une expérience de vie..

Les visiteurs à la galerie de Roussillon sont multiculturels, ils viennent de tous les pays du monde ou presque, de toutes les religions, de toutes les affinités ou de choix de vie, des couples mixtes, des couples d’hommes, de femmes, des jeunes, des vieux, etc.. mais ils ont tous en commun cette ouverture d’esprit dans le regard devant une oeuvre d’art. Certains sont transportés en émotion, d’autres sont bercés dans le rêve et la douceur, il y a comme une connexion universelle à la beauté, une espèce de territoire partagé de l’humanité, comme si, malgré tout ce qui se passe en ce moment, malgré toutes ces absurdités et ces folies, il restait un espoir ..

La beauté sauvera le monde (disait Dostoïevski), c’est peut-être pour cela que je peins des aquarelles en essayant de les réussir assez pour que certains les trouvent assez belles, ou qu’elles donnent de l’apaisement à ceux qui les regardent.. C’est peu, mais c’est déjà ça.

Une vision plus fleurie du monde qui nous entoure, des paysages plus colorés qu’en réalité, c’est parfois exagéré mais c’est toujours mieux que la grisaille qui envahit les âmes.. La vie est trop courte pour ne pas s’émerveiller..

C’est dans cet esprit que j’ai peint cette aquarelle de reflets, dans les tons d’automne :

Elle s’intitule « Les reflets doux ». En regardant de plus près vous apercevrez peut-être la discrète silhouette d’un personnage.. J’essaye de plus en plus d’en intégrer dans les paysages que je peins, sans doute pour espérer que l’homme trouve sa place dans la nature sans la détruire.. (Un doux rêve dans des reflets doux..)

J’ai aussi peint cette ruelle fleurie, une de plus, dans un format plus petit hier :

Pas de silhouette humaine cette fois, chat n’a pas d’importance, n’est-ce pas..?

Les journées d’octobre sont très irrégulières en terme de fréquentation à Roussillon, mais heureusement que le beau temps est de la partie..

Concernant les exercices du mois, le quota des 20 réponses est atteint ; inutile d’en envoyer d’autres. Je vais essayer de poster mes commentaires quand je le pourrai car j’aurai quelques rendez-vous médicaux dans les prochains jours ; je me demande parfois si l’effondrement du système médical en France (trouver un médecin ou un spécialiste) n’est pas pire que l’effondrement du niveau scolaire.. Mais bon, nous payons toujours autant d’impôts pour cela..

Je voulais terminer en souhaitant un bon anniversaire à mon père qui a eu 97 ans ce week-end.. Dans son EHPAD, si loin là-bas.. 97 ans et encore de la mémoire pour des passages de poésies ou de pièces de Racine ou de Molières.. C’est aussi un territoire culturel qu’il est bon de partager.. Cela ne vaut pas la peine de mourir pour ce genre de territoire..

Prenez soin de vous..

Là-bas on l’appelle l’été indien

Cette fin de septembre et ce début d’octobre feraient presque ressortir la chanson de Joe Dassin, et ce refrain : « On ira , où tu voudras quand tu voudras… » etc.. (les vieux comme moi s’en souviennent), l’été indien est là, les journées sont belles, sans mistral qui pourrait me décoiffer, (ça va.. pas de vannes s’il vous plait..), sans pluies torrentielles, bref, il faut en profiter.. Mes aquarelles ne sont pas celles de Marie Laurencin, comme dans la chanson, je n’ai pas sa notoriété et elles sont bien plus représentatives de la Provence et de ses beautés (comme je la vois), donc pas de robes longues et de balades sur la plage..

L’aquarelle de la chapelle en automne dont je vous parlais l’autre fois a été vendue le jour même de son arrivée à la galerie.. (vous pouvez la voir sur instagram mais je ne la posterai pas ici), et il m’est arrivé encore mieux samedi dernier : j’étais en train de peindre la fontaine de Gordes, et un américain me l’a réservée avant même qu’elle soit finie..! Vous ne la verrez donc pas non plus.. Bon, je sais , ça fait beaucoup de frustration, mais au fil de la vie on se rend compte qu’il y a beaucoup de frustrations et de rendez-vous manqués, ce n’est pas très grave, pas très important, l’essentiel est d’avancer et de se dire que le meilleur est toujours à venir..

Je vous ai mis de côté cette aquarelle de ruelle, dans une version classique et colorée :

Ne cherchez pas, il n’y a pas de chat cette fois-ci.. Peut-être qu’un acarologue pourrait trouver quelques bestioles dans les buissons, mais elles seraient inoffensives.. Rien à voir avec les punaises de lit dont on parle bcp en ce moment ; elles provoquent le même effet que certains politiques ou animateurs télés dont je tairai le nom.. Bon, heureusement je ne fréquente pas ce genre de bestioles..

La vie est trop courte pour s’agacer de futilités. Le mois d’octobre est donc déjà entamé. 28 jours plus tard (comme le titre du film) la galerie fermera ses portes et j’espère pouvoir me reposer un peu..

J’ai reçu hier à la galerie la visite de Corinne Izquierdo et de ses stagiaires ; comme l’année dernière. Je suis très touché qu’une aquarelliste de cette renommée apprécie mon travail dans le mouillé ; j’admire aussi cette capacité d’organisation avec une quinzaine de stagiaires, dans divers endroits, je n’ai guère de temps pour envisager le moindre stage, même avec 4 ou 5 personnes, j’ai trop besoin de me mettre en pause..

Les exercices pour élèves ont été postés samedi 30 septembre, et déjà ce jour là j’ai reçu 2 premières réponses. Les Lucky Luke de l’aquarelle.. ! Je posterai au fur et à mesure des réceptions, jusqu’à atteindre les 20 participants. N’envoyez rien après cela car je n’ai pas assez de temps pour répondre.

Je voulais terminer cet article avec un extrait des paroles de l’été indien :

« Je pense à toi. Où es tu ? Que fais-tu ? Est-ce que j’existe encore pour toi ? » Cela pourrait s’adresser à ces (très) nombreux visiteurs, ces gens qui paraissaient très intéressés et qui m’ont dit qu’ils repasseraient plus tard, ou m’enverraient un message..

Bon, ben, j’attends toujours.. Pour certains ça fait quand même plus de 5 ou 6 ans… Quand même..

Je rigole bien sûr.. (Ne rien attendre, sinon l’inattendu..)

Profitez bien de l’été indien, les beautés ne sont jamais loin..

A bientôt !

Et vous verrez l’automne

« Et vous verrez l’automne, comme un printemps qui s’ignore, comme un baiser timide qui fait rougir les champs, qui fait jaunir les vignes, et qui vous portera dans la douce chaleur de ses tendres aveux.. »

Nous n’en sommes pas encore aux changements de couleurs dans la nature, bien que nous soyons en automne depuis samedi, mais je n’ai pu m’empêcher de peindre quelques paysages colorés aux teintes automnales, par anticipation.. C’est sans doute mon côté impatient, comme un enfant qui trépigne à l’idée d’ouvrir ses cadeaux.. La nature est un cadeau ; beaucoup de gens ne voient pas (ou plus) la beauté des arbres qui nous entourent, les ciels magnifiques qui rougissent à la fin du jour, et ne réalisent pas que certaines rencontres sont des preuves d’Amour..

Oh la !.. Je deviens poète par moment.. ça doit être le changement de saison ; septembre se termine, déjà, et dès dimanche je proposerai de nouveaux sujets comme exercices sur ce site. Vous êtes de plus en plus nombreux à les suivre et à suivre mes articles, je vous en remercie..

Voici donc une aquarelle d’automne, toute récente :

Les vignes ne vont pas tarder à se colorer de la sorte, quand la fraicheur d’octobre les embrassera, et les arbres s’habilleront de rouge ou de jaune pour préparer la chute des feuilles.. Tout n’est qu’un au revoir..

Juste hier j’ai aussi peint ces reflets d’automne, dans une prédominance jaune :

Il y en a une autre en cours de réalisation, une chapelle dans un paysage automnal, que j’espère vous montrer la prochaine fois..

Comme je le disais plus haut, septembre se termine bientôt, et les derniers jours furent agréables par de belles rencontres à la galerie, mais aussi par la vente d’aquarelles dans le mouillé sur mouillé qui sont plus rares en début de saison. J’en profite donc pour saluer et remercier Laure pour sa visite, ainsi que Marie Christine (habituée des exercices), Annick, et d’autres dont le prénom m’échappe, mais pas le souvenir de leur passage..

Ces rencontres adoucissent la fin de saison, comme un rayon de soleil dans la fraicheur du matin, et le mois qu’il reste en sera plus serein..

Je ne ferai pas trop de commentaires sur l’actualité aujourd’hui, le pape, le roi d’Angleterre, Antoine Dupont et sa mâchoire, on se demande ce qui intéresse le plus les français.. Certainement la hausse des prix et les peurs que les médias se plaisent à agiter, tout le reste n’est que divertissement.. L’aquarelle est toute petite dans ce monde , mais elle a le mérite d’exister..

Une petite bleue pour finir :

Un des sujets proposés à mes élèves pour la rentrée, histoire de reprendre dans la douceur des dégradés de bleus.. Il y a une part de mystère dans cette forêt, surement des animaux cachés quelque part, des amoureux au creux d’un buisson , peut-être, ou un promeneur en quête de méditation.. Ce qui est sûr c’est que la lumière n’est jamais très loin…

Prenez soin de vous et de vos proches, comme l’automne vous enlace de ses chaudes couleurs.. Un bel exemple à suivre..

A bientôt !

Habemus aquarellum

Je n’en suis plus à un néologisme près, c’est à la mode depuis plusieurs années déjà d’inventer de nouveaux mots (même les politiques s’y sont mis), alors un peu de latin, en l’honneur de mes parents qui en étaient profs (français, latin et grec) et en l’honneur de la prochaine visite du pape à Marseille dans quelques jours.. Ce ne sera donc pas « Habemus papam » en ce qui me concerne mais plutôt « Habemus aquarellum ».. L’aquarelle faisant ma vie.

Bon, il se dit que le Pape (impressionné par mes aquarelles) m’aurait personnellement invité à venir le voir , et , pour les mêmes raisons, le roi Charles m’aurait personnellement invité à Versailles lors de sa venue prochaine également… Difficile de faire faux bon à l’un et pas à l’autre, alors j’ai décliné les 2 invitations.. Je resterai à peindre à mon atelier, à m’évader dans des aquarelles qui m’apportent bien plus de satisfactions que les mondanités..

Que de bêtises il m’arrive de raconter… Franchement… Excusez-moi.. En fin de saison je délire parfois.. Tout comme à la galerie, je m’amuse à scruter la réaction des jeunes quand ils me demandent le prix des aquarelles et que je leurs dis : « entre 2000 et 5000 € ».. les plus polis masquent leur étonnement avec un « D’accord » difficilement articulé, et quand je leurs dis que je rigole et leurs donne le vrai prix il est très amusant de les voir soulagés.. On s’amuse comme on peut.. Il est vrai que certains n’ont aucune idée de la valeur des choses, de la valeur d’une oeuvre d’art dans laquelle on a donné de son temps. Le prix d’un Iphone choque moins. Et pourtant , le temps perdu à courber la nuque sur des futilités (vites oubliées) ne vaudra jamais le voyage intérieur à contempler une oeuvre d’artiste.. Encore faut-il en avoir conscience..

J’ai encore travaillé dans le mouillé dernièrement ; un paysage rendant hommage à la beauté de la Provence, dans la lumière et la douceur..

La photo ne rend jamais très bien les nuances dans le mouillé, certains la verront en vrai à la galerie, ce sera mieux..

J’ai aussi réalisé cette ruelle fleurie (inspirée de Goult), mais je viens d’apprendre aujourd’hui qu’elle était vendue.. Je vous la montre quand même :

C’est uniquement pour mes lecteurs ; elle ne sera pas disponible sur mon site, mais elle se retrouvera surement sur Pinterest, Instagram ou Google. Il y a un italien passé hier qui m’a dit qu’il me connaissait via Pinterest.. La circulation des images est incontrôlable, je le sais et je l’accepte, ce sont les règles du jeu quand on est sur internet.. Tant pis si l’on trouve encore ma tête d’ahuri en perruque lors du covid, ou d’anciennes aquarelles dont je suis moins fier, je pourrais toujours dire que ce sont des images créées par l’intelligence artificielle.. (Il y en a une qui circule où l’on me voit dans les bras de Sophie Marceau, mais dommage, je ne l’ai jamais vue…Tout comme mes pubs pour Dim ou Calvin Klein, quel dommage vraiment !…).. Bref..

C’est la semaine de reprise des cours. Je vais essayer de redevenir sérieux . Sérieux ou heureux comme un pape.. Choisissez votre expression ; personnellement j’essaye de suivre la voie d’être heureux comme un aquarelliste ; tout simplement..

Allez en paix…!

Patience, patience..

Tout finit un jour par arriver, il faut juste que ce soit le bon moment.. C’est le cas enfin pour ma dernière vidéo de tuto aquarelle : Improvisation dans le mouillé sur mouillé, que vous pouvez désormais regarder sur l’onglet « Vidéos » de ce site (ou sur ma page Facebook ou directement sur You tube).. Mon fils Valentin a pu réaliser, faire le montage et la musique, le tout en qualité HD.. J’espère que vous serez nombreux à la regarder, à liker et à partager s’il faut.. Il était important de montrer comment l’on peut partir de quelques taches de couleurs et arriver à faire émerger un paysage.. En toute simplicité.

Je n’ai pas encore eu le temps de poster mes commentaires sur les exercices pour élèves, désolé. Il faut dire que jusqu’à ce matin encore je travaillais sur cette commande d’aquarelle : Une ruelle fleurie (format 35 x 50 cm) :

J’ai bien respecté la consigne qui m’était donnée de ne pas y mettre de chat.. Quoi qu’il en soit c’est un lieu qui semble agréable et où il ferait bon vivre.. Complètement sorti de mon imagination. Le monde a sans doute besoin de fleurissements et de choses positives..

L’actualité n’est pas très réjouissante effectivement, avec le séisme au Maroc, les inondations en Libye, la rencontre Poutine-Kim Jong-Un, le retour de Cyril Hanouna, bref, bien des choses dont on se serait passé.. Le prix de l’essence qui grimpe est aussi une mauvaise nouvelle, mais le pire c’est encore ce phénomène de « Shrinkflation » : qui consiste à diminuer la quantité d’un produit vendu tout en augmentant son prix.. Les grandes surfaces n’avaient déjà pas la côte à mes yeux mais là c’est dégueulasse.. (quand on sait la marge qu’ils prennent et leurs chiffres d’affaire).. C’est vraiment prendre les gens pour des idiots (je reste poli). C’est comme si j’augmentais le prix de mes aquarelles tout en diminuant leur surface.. Vous auriez de quoi râler..

Bref ; à Roussillon c’est toujours les montagnes russes en ce moment ; quelques touristes, quelques randonneuses du 3ème âge (avec leurs bâtons de marche) qui viennent regarder « les belles aquarelles de cette galerie » (dixit).. ça fait plaisir.. J’en profite pour saluer Les fidèles de ce blog comme Micheline, Geneviève, Thérèse, notamment, que je n’ai pas pu rencontrer car j’étais absent ce jour là.. Patience, patience.. Tout finit par arriver..

Cette petite aquarelle de reflets est destinée à vous annoncer les couleurs de l’automne :

Des tonalités toujours agréables à travailler.. Ce sera l’occasion notamment pour la reprise de mes cours (finalement tous la semaine prochaine).. Avant la suite du programme que je prépare en ce moment..

« J’ai beau me dire qu’il faut du temps, j’ai beau l’écrire si noir sur blanc, quoi que je fasse, où que je sois.. » (oui je cite du Goldman) j’essaye toujours de faire de mon mieux ..

Patience, patience… La vie passe vite, mais si vous pouvez lire ces lignes c’est que vous êtes encore vivants.. C’est une chance à ne pas oublier. Il y a de belles aquarelles à peindre encore, de belles choses à accomplir, de belles paroles à prononcer..

A bientôt !