L’espace d’un matin

« ..Et rose elle a vécu ce que vivent les roses l’espace d’un matin… » (F. de Malherbe)

Rose à l'absenteJ’ai intitulé cette aquarelle « Rose à l’absente » ; je la dédie pour cette journée à toutes les mères, puisque c’est leur fête, qu’elles soient encore présente ou tombée de leur tige, elles exhalent toujours un parfum qui perdure au delà des années, ou de la distance..

La vie passe bien vite, Ronsard l’avait déjà écrit   « Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.. »,   ouvrons grand les yeux, profitons de la beauté qui nous entoure, mais aussi de la présence des êtres qui nous sont chers,    sans mélancolie ni regrets, le passé est passé, l’avenir nous appartient…

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Changer de temps

J’ai commencé à mettre les commentaires sur le dernier exercice pour élèves ; le temps des genêts se prolonge, et le mariage avec les coquelicots qui se multiplient dans les champs et sur le bord des routes est merveilleux..   J’aime beaucoup regarder les coquelicots à la fin du jour, au soleil rasant, quand ils émergent des champs de blés, et l’on sent la fragilité des pétales dans leurs lumières rouges orangées..

Il y a quelques mois j’avais réalisée une aquarelle (d’après un exercice proposé sur le site), toute en fondus ;  c’était des vignes en automne au pied de Roussillon..

promenade-en-automne

Après beaucoup d’hésitation , ayant moins de chance de la vendre puisque c’est un format assez grand,  j’ai décidé de la couper en 2 et de la transformer en paysage aux coquelicots ; je sais que beaucoup aimaient l’ancienne version et doivent se dire « quel dommage ! », mais parfois il faut faire des choix, il faut changer des choses si l’on veut avancer.. Ce n’est jamais évident et il faut du courage ou un peu de folie pour le faire.. La vie est courte après tout..                Voici la version de la partie droite retravaillée :

Coquelicots au pied de RoussillonLes vignes derrière se sont transformées en blés avec coquelicots, un mur de pierres est apparu, quelques cyprès aussi..   Je n’ai pas encore décidé du devenir de la partie gauche…

A suivre..

Esthétique personnelle

Dès ce week-end je proposerai une photo d’un nouveau sujet pour les exercices pour élèves, à faire à l’aquarelle ;  je n’ai pas encore eu le temps de réaliser la dernière, j’espère l’avoir dans les jours à venir…

Une petite correction que j’apporte concernant mes prochaines expos (hors Roussillon) ; j’avais parlé notamment du salon ImaginEtoile de Châteaurenard (13) auquel je m’étais inscrit. Or, j’ai reçu avant hier leur réponse (courrier standardisé je suppose) où il est dit que « malgré la force de votre dossier le jury a été au regret de l’écarter, vos qualités ne sont pas en cause c’est un choix d’esthétique personnelle et de cohérence entre les oeuvres »..  Je dois être très connu car ils ont jugé mon « dossier » sans aucune photo (puisque je n’en ai pas envoyée), il n’y avait que le titre.   Bref qu’importe, cela me donne l’occasion de vous la montrer en primeur puisqu’elle n’a jamais été exposée :

Brume sur la SorgueIl s’agit de brumes sur la sorgue, au niveau du partage des eaux, que certains d’entre vous connaissent bien…*

Je serai ravi de pouvoir présenter cette aquarelle à Roussillon ou à Méjannes-le-clap le mois prochain..

Petit sourire pour terminer, avec ce commentaire d’un visiteur à l’atelier galerie qui, en guise d’esthétique personnelle, loua la « graciosité » de mes aquarelles…

On en apprend tous les jours…

Un voyage toujours recommencé

Une petite parenthèse concernant la perception de l’Art dans notre monde actuel ; avec les changements qui s’opèrent, quels que soient les domaines , cette mondialisation galopante , l’explosion des réseaux sociaux et  l’immédiateté de l’information, on peut légitimement douter de l’intérêt et la pérennité de vouloir vivre de sa peinture ou simplement montrer son art..       Et pourtant..

Dans une société envahie par les images et les sons des tablettes, des portables, d’internet,  s’ouvrir à l’art c’est s’ouvrir sur l’authentique et la création originale..  C’est découvrir la vérité d’un peintre, d’un sculpteur, d’un concepteur d’univers, fruit du travail de ses mains mais surtout de son coeur..      C’est aimer sa vision, approuver ses choix, ou réfléchir sur les nôtres..

Acheter de l’Art  c’est acheter du rêve,  de l’évasion  , c’est s’emparer d’un petit bout d’âme de l’artiste et son regard sur la beauté du monde, ou du moins sa perception..       C’est acquérir quelque chose d’unique, une émotion véritable,  un voyage intérieur,  un voyage toujours recommencé  vers un indicible sentiment..  C’est une part de liberté que l’on emporte avec soi ; pour toujours…

« La beauté sauvera le monde » (Dostoïevski), je l’espère, mais n’oubliez pas qu’elle se cache tout autour de nous ; il suffit juste de regarder…

Pour finir , une petite aquarelle, petit format certes, mais qui donne envie de la réaliser en grand.. La lumière est le graal de l’aquarelliste.

La cabane dans la forêt

En dehors de Roussillon

Beaucoup de visiteurs nous disent que l’on a la chance de vivre dans une superbe région, La Provence, avec ses paysages pittoresques et colorés ; c’est vrai.. Je ne me lasse pas d’admirer les paysages qui m’entourent, essayant de capter des détails anodins qui pourraient faire de belles aquarelles.. C’est une chance en effet.

Voici une  aquarelle réalisée sur le thème des ocres ; spécificité de Roussillon :

Les ocres de RoussillonJe l’ai voulue épurée, en laissant beaucoup de blancs.. C’est un format 35 x 55 cm.

En dehors de Roussillon , bien que cela prenne énormément de temps, il m’arrive d’exposer aussi ;  voici donc les quelques expos prévues d’ici l’été :

  • le 20 et 21 mai à Sarrians (84) salle des expositions : Galerie éphémère, j’y exposerai 3 aquarelles, accompagné d’autres exposants locaux.
  • Du 10 au 18 juin ce sera bien sûr le festival d’aquarelle de Méjannes-le-clap (30) dont j’ai déjà parlé, avec de grands noms..
  • Le 25 juin je participerai à la Route des peintres de St Rémy de Provence– exposition dans la rue -(en espérant ni pluie ni mistral ébouriffant..!)                                                                                                                                                                                                                               A bientôt donc !

Clin d’oeil

En ce jour d’élection en France je voulais juste poster un billet d’humeur en guise de clin d’oeil.. D’abord cette petite illustration trouvée sur le net qui explique ironiquement les votes pour les présidentielles :

voter en FranceIl convient aussi de se souvenir de cette chanson de Dalida, en duo avec Alain Delon, qui parlait de « caramels, bonbons et chocolats », et dont le titre résume très bien les campagnes de nos hommes et femmes politiques depuis des mois..  « Paroles, paroles »…

Enfin , ce petit extrait du livre « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, qui était censé être de la politique fiction , à l’époque :

conditionnement sociétéLoin de moi l’idée de me plaindre de cette société et de ce pays que beaucoup nous envient ; c’est juste un avis, et une lassitude de citoyen sans doute..

Pour finir, un mot de l’atelier de Roussillon ; j’ai eu hier la visite d’une aquarelliste (dont je tairai le nom), membre de la SFA ; elle a encensé le travail de mon collègue Bernard Troublé (qu’elle connaissait) avant de rajouter son dénigrement pour ces lavandes « commerciales » qui étaient aussi exposées.. Je lui ai dit que c’était les miennes (sachant qu’on est que 2  exposants dans ce local, forcément ce ne pouvait être que moi…) et que je n’avais pas la chance de  vivre  de mes aquarelles dans le mouillé sur mouillé. Mon autre travail.

Je regrette ce mépris envers certains sujets dits « commerciaux » ; hé oui, la lavande, les coquelicots c’est « commercial », mais on fait aussi ce qu’on peut pour payer son loyer. N’ayant  pas de retraite à côté ou de conjoint qui m’entretienne.

Epilogue  ironique à cet échange, quelques secondes après son départ, un monsieur m’achetait une aquarelle de lavandes…

La vie est faite de petits clins d’oeil..

Le rouge des coquelicots

Les champs au bord des routes commencent timidement à rougir de coquelicots, les genêts jaunissent également ; cette période donne envie de peindre des fleurs et notamment ce rouge des coquelicots.. Ce n’est jamais évident car le pigment perd de sa force en séchant et l’on se retrouve  avec des fleurs mièvres et fades…  Un conseil : n’hésitez pas à mettre plus de pigment ainsi que de l’orange ; évitez le cramoisi d’Alizarine et optez pour le rouge de cadmium , le vif ou l’écarlate..

Ces 2 aquarelles pour illustrer mon propos se trouvent à Roussillon.    Roussillon où les journées sont longues quand les visiteurs se font rares, (avec ce temps maussade), où l’on croise des gens sympas qui vous complimentent, d’autres qui ne disent même pas bonjour, d’autres encore qui peignent et viennent prendre des idées ou se comparer, d’autres aussi qui me (re)connaissent par les vidéos.. »c’est vous qui adorez le caput mortum ? », « j’ai reconnu votre voix » (dont la tessiture doit se situer entre Barry White et Pascal Obispo je suppose..), enfin, il y a surtout ceux qui repartent avec de l’émotion, un voyage dans les yeux  ou un sourire,  et qui nous font croire en nous , encourageant nos choix et  donnent les raisons de continuer à peindre.

 

En évolution

J’ai déjà souvent posté sur ce blog des exemples d’ aquarelles ratées de mes élèves que j’ai reprises et retravaillées ; c’est une voie de l’aquarelle que j’apprécie beaucoup, peut-être parce que je me dis qu’on peut revenir sur les erreurs du passé et transformer la « laideur » en beauté en y mettant du sien..    Bien sûr, tout n’est pas reprenable  , surtout quand les couleurs sont saturées, sur Arches notamment.. Mais avec de la volonté, parfois en recadrant, j’arrive à donner une deuxième vie à ces « laissés pour compte »..

Mes élèves ne sont pas les seuls à rater, je leur répète souvent ; les grands aquarellistes que l’on voit dans les magazines ou les salons ratent aussi.. Personne n’est parfait et rien n’est jamais acquis (surtout à l’aquarelle)..

Donc bien sûr moi aussi je rate ; mais je ne jette presque jamais, je mets dans un coin en attendant d’être meilleur pour me corriger..    Je voulais vous montrer cet exemple récent d’une aquarelle déjà montrée sur ce blog ; elle a connu 3 vies pour l’instant, au fur et à mesure de mon regard, au fil des semaines, en cherchant ce qui n’allait pas ou ce que je pouvais améliorer.. Voici les 3 versions évolutives :

Entre la première que je trouvais trop vide, la seconde que la clôture coupait trop en 2, j’ai donc décidé de recouvrir une partie de cette clôture et de retravailler l’arbre de gauche..

C’est (peut-être) la version finale ; je ne pense pas que je rajouterai de moutons dans le champ..

Cette aquarelle est visible à l’atelier de Roussillon.