Beauté en touches

Hier à Roussillon, à quelques mètres de la galerie, c’était l’élection de Miss Provence (en vue de concourir pour la prochaine Miss France).. Désolé de vous décevoir, mais je n’ai pas été élu.. Sans doute les rides autour des yeux, ou alors la calvitie avancée, ou tout simplement parce que je ne me suis pas présenté..(Les talons hauts ne me vont pas).. Mais bon, vous le savez aussi, la beauté ne se limite pas à l’apparence physique ; il y a tout ce qui l’entoure. C’est exactement comme pour un paysage que l’on peint : il y a ce que l’on voit, ce que l’on traduit de nos mains, mais surtout ce que cela évoque en nous. Une histoire, des souvenirs, des ressentis profonds, des choses que nous sommes parfois seuls à percevoir.. C’est pour cela que la notion de beauté est différente pour chacun. Il n’y a pas de beauté universelle.. Elle est  « dans l’oeil de celui qui regarde »…

L’habileté technique est importante mais elle ne fait pas tout. Il m’arrive d’être plus touché par une aquarelle qui dégage « quelque chose », un « je ne sais quoi » que l’on ne comprend pas, que par une quasi perfection photographique.. C’est peut-être ça, l’Âme du monde.. Il ne faut pas chercher à tout expliquer.. Laisser le charme agir…

Ce dernier travail en cours de ma fille Inès est prometteur .. La beauté d’un regard.  Même s’il est tout aussi important de savoir regarder la beauté. (Un grand merci pour les gentils commentaires que je lui ai transmis..).

J’ai eu quelques soucis techniques avec mes commentaires sur vos aquarelles, mon site wordpress bug un peu.. Le prochain sujet sera proposé samedi 1er août, mais je félicite les courageux de la Bretagne.. Ce n’était pas évident à peindre..

Avec la chaleur ressentie ces jours-ci (et à venir) on serait mieux là-bas.. Mais ne nous plaignons pas.. 35 ou 40 ° c’est beaucoup, certes, mais c’est l’été.. C’est normal. N’oublions que dans certains pays ces températures durent plusieurs semaines voire plusieurs mois..Et tout le monde n’a pas de clim ou de piscine..

Je n’ai ni l’un ni l’autre, mais je me plonge volontiers dans les bleus de Provence…. Les champs de lavandes..  Ils ont déjà été coupés, pour la plupart, mais (comme je le répète souvent) la beauté, le parfum, imprègnent toujours..

Quelques touches de violet Winsor, de bleus outremer, éventuellement de cobalt ou de céruleum.. Mariées à un peu de green gold ou de vert de vessie.. Beautés en touches de l’esprit provençal..

A propos de botter en touche, je ne parlerai pas du port du masque en ce moment.. Je préfère rester zen et avoir une pensée pour celles qui ont perdu un proche ce mois-ci. Un père notamment.  Je suis de tout coeur avec vous…

Peindre c’est choisir

La plage d’argent. Quel joli nom pour un lieu qui invite à la baignade, où l’on imagine les eaux transparentes, tièdes et bleues, le sable doux et brillant, et le murmure léger du bruit des vagues qui nous endormirait, calmement…
Dans cette version de l’exercice  j’ai donc choisi Porquerolles, et préféré rajouter un pin pour aider à l’harmonie de la composition..

Vous avez été nombreux à choisir la Bretagne ; c’est bien, ça change de la Provence.. J’en profite pour vous remercier de vos petits mots qui accompagnent vos envois, même si je n’ai pas le temps d’y répondre, j’apprécie beaucoup ; c’est toujours mieux qu’un simple envoi de photo, sans bonjour ni merci, (ça arrive aussi), qui ne me donne pas trop envie de continuer ce bénévolat.. Mais bon , c’est ainsi que l’on apprend de l’humain, la vie nous presse tant parfois que l’on en oublie les valeurs de l’attention à l’autre..

Les 4 ou 5 derniers jours à la galerie n’ont pas été folichons ; cela est parfois désolant d’entendre que c’est trop cher (même 30 , 40 ou 60 €) une aquarelle originale, pièce unique, par des gens qui en sortant iront se prendre un repas à 2 au resto pour le même prix.. Vite digéré, vite oublié, alors qu’une oeuvre d’art dure plus longtemps me semble-t’il..  J’envisage parfois de créer des aquarelles qui se mangent, (diluées au champomy, pourquoi pas…) peut-être que cela amènerait plus d’acheteurs..   En tous cas les compliments ne manquent pas, c’est déjà ça et c’est bien encourageant..

A tous ceux qui me demandent régulièrement :  » Mais…vous en vivez..? » (sous entendu : Mais mon pauvre garçon comment faites vous pour  subsister en vendant ces trucs là …?) je réponds que c’est un choix.  Aimer ce que l’on fait  rend plus acceptables les problèmes de subsistance dans cette société. En revendant de la drogue j’aurais surement gagné plus, mais il y a autant de rêve à donner en peignant des oeuvres qui plaisent au gens..   Et ça dure plus longtemps..

Peindre est donc mon choix. Peindre c’est aussi choisir.

Le courage de choisir.

Je voulais partager cette citation (dont je ne connais l’auteur) avec vous. Il faut la lire en remplaçant le mot « vie » par « peinture » et le mot « vivre » par « peindre »..  Comme souvent sur ce blog, le parallèle entre vivre et peindre est une évidence..

Pour finir voilà aussi cette peinture à l’huile, inspirée d’une photo sur le plateau de Sault.. Le temps de la lavande se termine . Le parfum (comme le souvenir) reste en tête bien plus longtemps encore..

Sans s’en lasser

sans s'en lasserC’est par ce magnifique dessin de ma fille Inès (16 ans à la fin du mois) que je voulais commencer cet article..

Aimer sans s’en lasser.  Qui, par la force des choses et des gestes barrières qui nous sont imposés depuis quelques mois devient  Aimer sans s’enlacer…   C’est l’une des conséquences cruelles, cette distanciation, qui fait que l’étreinte chaleureuse, la franche embrassade, ce plaisir puissant de serrer fort un proche dans ses bras devienne un geste tabou, un interdit réservé au monde d’avant, et qui,  l’on espère,  ne tardera pas à revenir dans le monde d’après… Quand ?  Personne ne le sait vraiment. Nous verrons bien au jour le jour ; et comme ces beautés qui ne durent, nous prendrons conscience de la chance de pouvoir s’enlacer de nouveau.. Pleinement. Dans la conscience de l’instant présent.

Tant de choses que l’on considérait comme acquises, comme évidentes, ne le sont plus pour le moment. Un changement n’est jamais évident à accepter ; perdre ses avantages et son confort encore moins..  Il est alors plus facile pour certains de faire comme si de rien n’était ; la politique de l’autruche .

Personnellement je continue de peindre, sans m’en lasser. C’est une chance et j’en suis conscient. Même les cabanons, les coquelicots, les champs de lavandes, ces fameux « classiques » dans mes peintures, sont peints avec coeur, car toujours dans l’idée qu’ils feront plaisir à quelqu’un.. c’est ma motivation, bien avant le commercial.. Je n’arrive pas à peindre machinalement ; et puis ce formidable médium qu’est l’aquarelle permet une nouvelle aventure à chaque fois ; la surprise, l’imprévisible.. Toujours dans l’optique que le meilleur est à venir…

PorquerollesCette vue de Porquerolles a été peinte cette semaine.  Vous avez pu remarquer que cet endroit me plait puisque il a été proposé en exercice pour élèves.. (Même si ce n’est pas la même photo).  Le bleu des eaux, les plages de sable, la nature sauvage, etc.. bien sûr c’est sans doute parce que cela me rappelle mon île natale que j’aime tant ce lieu.  C’est comme une étreinte de la beauté . Intense et fugitive.

Pour ceux qui auront choisi la Bretagne, c’est tout aussi beau. (Il y a juste une petite différence de température de l’eau, mais ce n’est qu’un détail..)

Un grand merci aux personnes merveilleuses que j’ai croisées à la galerie de Roussillon.. Certaines rencontres sont des bouffées d’oxygène, et de belles ouvertures d’esprit.. Hier il y eut même 2 enfants de 5 et 6 ans , passionnés de peinture, qui ont tout regardé (vraiment tout) et qui ensuite m’ont demandé chacun un crayon et une feuille pour dessiner puis m’offrir  leur dessin.. Je ne sais pas de quelle planète ils venaient (l’astéroïde B 612 peut-être..)  , mais dans cette société si avide d’immédiateté et d’écrans divers, un peu de fraîche innocence fait beaucoup de bien…

aimerIl y a bien des choses futiles en ce monde, du brouhaha, de la superficialité, de fausses apparences…  Mais tant qu’il reste l’Amour et la Beauté,

on ne s’en lasse pas…

Ne pas masquer la ver(tical)ité

Bienvenue en France,  pays où la plupart des gens râlaient il y a 3 mois parce qu’ils ne trouvaient pas de masques, et maintenant qu’ils en ont ils ne veulent pas le porter… C’est l’été,  Hé oui, il fait beau, mais  le virus n’a pas fini sa ballade mondiale, ça s’en va et ça revient (comme une chanson populaire) et il est fort probable que le port du masque redevienne obligatoire, notamment dans les lieux clos, comme la galerie de Roussillon..       Les visiteurs ne sont pas toujours enclins à le porter, c’est vrai que la chaleur rend la chose peu agréable, mais il s’agit de civisme et de précaution.. On peut le faire pour les autres si on ne veut le faire pour soi..

J’ai eu la chance de rencontrer des gens formidables, de belles âmes, des parcours atypiques, des couples étonnants , et même une de mes aquarelle quittera la France pour transiter par le Mexique avant de finir en Côte d’Ivoire.. Quel parcours !!   Pas d’américains bien sûr, mais des allemands, des suisses, belges, danois, hollandais, tchèques , polonais et même des lettons..  L’attraction de Roussillon reste célèbre malgré tout..   Pourvu que cela dure encore un peu ; l’épée de Damoclès d’une seconde vague est toujours au dessus de nous.. (A la verticale)..

A propos de verticalité, j’ai peint quelques sujets récemment, dans ce cadrage ; il s’agit de champs de fleurs violettes et odorantes dont le nom m’échappe, mais vous retrouverez sûrement..

Le défi est d’arriver à donner de la profondeur, dans ce sens là, en jouant sur la perspective atmosphérique notamment..   J’ai aussi réalisé une huile dans ce même format :

Les lavandesles couleurs sont bien sûr plus intenses à l’huile, d’autant que la photo renforce les bleus… Cela fait du bien de changer d’approche parfois.

Dans un paysage il est très fréquent que je place quelques cyprès, ça et là ; ce n’est pas uniquement parce que c’est provençal. La verticalité du cyprès est le principe masculin qui permet de trouver un équilibre sur les strates plutôt féminines des champs et des collines du paysage.. Et il semble clair que la maison ou le cabanon représente la personne que nous sommes au milieu de ce paysage.. C’est pourquoi l’harmonie doit être au coeur de ce que nous peignons..  L’importance d’ Être vrai.   Ne masquons pas la vérité de ce que nous sommes. Vivre et peindre c’est pareil. Et les gens ne sont pas dupes quand ils voient les peintures, en général ils captent l’authenticité de celui qui les peint ; la pointe du coeur est celle du pinceau, n’est-ce-pas ?..

Vous avez pu voir aussi mon interprétation du sujet proposé en exercice : le cabanon aux coquelicots ; mes commentaires sur vos réalisations sont donc visibles jusqu’au 20 juillet ; mais dès demain un nouveau sujet sera proposé, et il faudra se mouiller un peu..

Je continue au moins une fois par semaine mes allers-retours en vélo à Roussillon. 70 km dans la journée, même avec l’aide électrique, on le sent un peu sur les jambes..

à véloJ’en profite pour rappeler à certains automobilistes que le clignotant n’est pas en option.. La courtoisie non plus..

A bientôt, à la verticale du pinceau.. !

 

Remaniement

Rien à voir avec le gouvernement, bien sûr, mais il y a parfois un parallèle avec ce que l’on peint et ce qui se passe dans l’actualité..

Cette année je suis toujours très en retard par rapport à mon nombre d’aquarelles peintes habituellement ; même pas cent, alors qu’à cette date je suis plutôt autour de 120 ou 130.. Bref, qu’importe , ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité.. Garder un cap, du soin, de l’amour dans chaque création de façon à ce qu’elle puisse plaire à la personne qui lui sera destinée, tel est le but..

La porte fleurie (20 x 20 cm)Cette petite aquarelle vous attend (peut-être) à l’atelier de Roussillon.  Des bignones, des géraniums, une porte bleue.. Un peu de douceur et de fleurissement dans la chaleur de juillet.     J’ai pu finir de peindre aussi le sujet du cabanon aux coquelicots que j’ai proposé en exercice. Je le posterai après demain sur l’onglet. Je dois avouer être un peu saturé par les coquelicots en ce moment, c’est pour ça que ce seront les derniers avant quelques semaines.. En voici d’ailleurs une dernière rasade :

les coquelicos 20 x 50 cmLe temps est maintenant aux lavandes ;  le prochain article y sera consacré, de même que sur les quelques huiles que j’ai peintes ces jours-ci.. (J’y ai pris plaisir, et cela est très important quand on fait quelque chose)..

Il reste une semaine pour vous inscrire au stage proposé début août à Roussillon ; n’attendez pas trop.. Le nombre de places restantes est visible sur l’onglet des stages.

Les journées à l’atelier sont parfois longues ; et sans internet ; c’est pour cela que je passe parfois du temps à retoucher, à remanier, certaines aquarelles plus anciennes.. Je ne peux pas vous les montrer, mais parfois il y a un petit détail , en plus ou en moins, qui peut faire toute la différence..  J’avoue une certaine jubilation à le faire.. On a l’impression à ce moment de pouvoir revenir sur ses erreurs passées , de les corriger, et faire que tout aille mieux..   On aimerait faire de même dans la vraie vie ; on apprend juste de ses erreurs.

Je profite de cet article pour saluer Elisabeth, Françoise, Jocelyne, Anne Marie,  ainsi que d’autres qui lisent régulièrement ce blog, en espérant ne pas vous décevoir..

Prenez soin de vous (et restez vigilants sur les gestes barrières..)

« Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs…D’autres des moulins ».

Sinusoïdal

S’adapter, s’habituer, se sont des verbes que l’on conjugue tous les jours quand on cherche à vivre de sa peinture. Rien n’est linéaire dans ce qui nous arrive, tant dans la réussite de nos créations artistiques que dans la fréquentation de nos ateliers..  Il en est ainsi à Roussillon, il y a des jours « avec » et des jours « sans » ;  on passe par des moments d’euphorie et d’espoirs (pour quelques ventes réalisées à la suite) puis,  il suffit de 2 ou 3 jours dans le désert de bredouille pour remettre tout en question, et se demander si ça vaut le coup de continuer..    On apprend à vivre comme ça, de manière sinusoïdale.  Je persiste à penser malgré tout que c’est une chance de pouvoir exprimer sa créativité, de pouvoir l’exposer, et qu’elle puisse plaire à certains..  Cela nous donne un rôle, une raison d’être ; bien plus important que nos états d’âmes et nos doutes récurrents quant à la certitude de boucler nos fins de mois..

Le mois de juillet se lance maintenant ; nous verrons bien..  J’ai pris le temps de peindre des anciens sujets proposés en exercice que je n’avais pas eu le temps de faire à l’époque ; en voici deux :

Sous le beffroi de Roussillon coule (non pas la Seine, mais) le temps  de la contemplation.. Les visiteurs se rendent compte de la beauté des lieux ; c’est important de se rendre compte de la beauté de ce qui nous entoure..  « Peindre c’est capturer l’instant fugitif de la beauté d’un paysage ». Avec nos moyens bien sûr ; notre désir de bien faire, menotté à nos capacités techniques, parfois fluctuantes ou restreintes..   Nous sommes là pour progresser.

Je suis en train de peindre le sujet d’exercice du cabanon aux coquelicots.. (Ok, c’est un sujet très très classique, mais bon, celui là est situé à environ 800 m de l’atelier de Roussillon, je ne pouvais pas le laisser passer..).  Je commencerai à poster les premières réponses ce week-end et je supprimerai les visuels de l’exercice des cerises..

je voulais dédier cet article à Dominique, en remerciement de sa fidélité et de sa gentillesse.

Je vous souhaite un beau mois de juillet, dans l’espérance de la sérénité, et l’harmonie de nos réalisations..

présent