Que la sérénité débarque

Dans un climat mondial un peu tendu en ce moment il est clair que nous avons besoin de calme et de sérénité. Les couleurs d’automne y contribuent un peu (à notre niveau) , et pour une aquarelle il suffit de rajouter quelques reflets sur une eau tranquille, quelques barques, et l’impression de douce poésie se dégage.. « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe , calme et volupté ».. Baudelaire acquiescerait je pense. Le luxe c’est surtout le silence, de nos jours. Loin du tumulte des médias et des réseaux sociaux .Un luxe inouï.

Cette aquarelle fut donc réalisée en cours avec mes élèves :

Un travail sur le ciel et l’eau, les effets de brume et les reflets. Les 3 barques ont été rajoutées après (pour combler le vide qu’il y avait à gauche). C’est sûr que dans un endroit pareil pas besoin d’écouter du JuL. Profiter de l’instant c’est le plus important. La sérénité des barques nous emporte dans la contemplation, de reflets en réflexions, de poème sur le temps suspendu, l’espace d’un instant..

Oui, les couleurs automnales sont inspirantes pour la peinture ou la poésie ; certains arbres comme le sumac, l’érable du Japon, le liquidambar, le mûrier de Chine , le figuier, sont des palettes naturelles de couleurs pour l’artiste.. L’amélanchier aussi (mais ce dernier rend difficile la possibilité de lui trouver une rime riche dans un poème.. Bref..). La nature est un cadeau, prenons en soin..

Novembre apporte aussi hélas les premiers miasmes des petites infections ORL, rhumes, bronchites, etc… De quoi rendre certains élèves valétudinaires, enchifrenés, égrotants ou cacochymes… (oui, oui ces mots existent ; je ne les ai pas entendu chez Cyril Hanouna ou dans la Star Academy c’est sûr, mais c’est amusant d’utiliser des mots jamais employés.. Vous regarderez sur Google..).. Bref, je m’amuse des mots, tout ça pour dire qu’il faut penser à booster ses défenses immunitaires ; manger sainement et randonner, si vous le pouvez.. La nature vous attend.

Cette aquarelle est la dernière des aquarelles retouchées , comme lors du dernier article :

Douceur au bord du canal (de Carpentras) 30 x 40 cm. Certains reconnaitront un sujet traité il y a quelques années. Là aussi les reflets amènent la sérénité, voire l’introspection, et même sans barque on se surprend à embarquer dans les rêves que donnent ce paysage..

Je souhaite sincèrement que les argentins pourront embarquer vers une société meilleure et plus équitable depuis l’élection de leur nouveau président (hier), mais vu le portrait qui en est fait j’ai de très gros doutes ; on se demande vraiment où va le monde..

Concernant le Black Friday, cette fête consumériste, ne comptez pas sur moi pour faire des rabais sur le prix de mes aquarelles . Les prix n’ont quasiment pas changé depuis 4 ou 5 ans, c’est déjà donc une forme de promotion. Vous pouvez passer à l’atelier de Velleron si vous avez l’idée d’un cadeau pour les fêtes, il suffit de m’envoyer un mail ou un sms ; je serai disponible jusqu’au 3 décembre. Après il sera trop tard, je serai racheté par l’Arabie Saoudite..

Bon, j’arrête de dire des bêtises ; prenez surtout soin de vous (et de vos pensées)..

A bientôt !

Oser métamorphoser

Il m’en faut peu pour m’inspirer. Une ébauche, une tache, un ratage (supposé) d’aquarelle, cela peut être suffisant pour créer quelque chose d’autre, avec une pointe d’imagination et des fleurissements plein la tête ; par exemple.. La vie est plus belle en couleur.

Juliette Armanet aurait chanté « Imaginer l’Amour, les étoiles en plein jour.. », en ce qui me concerne je laisse s’exprimer ce qui vient, comme une poésie de la beauté des paysages qui nous entourent, Avec la pointe du coeur en guise de pinceau. Oui, cela peut paraître mièvre pour certains, naïf au mieux, mais je m’en moque, à vrai dire quand on ose on se trompe parfois mais quand on n’ose pas on se trompe toujours.. Cela s’applique à l’aquarelle, bien sûr, mais à d’autres domaines aussi.

Oser métamorphoser. C’est ce que j’ai fait sur les 2 chutes d’aquarelles qui m’ont été confiées. La première représentait des marches, aux pourtours fleuris, un sujet que j’avais donné il y a quelques années à mes élèves. Voici donc la photo avant (projet abandonné) et la photo après (remise à flots) :

Il ne faut pas hésiter à « repepser » les couleurs, à fleurir encore et encore, comme des baisers que l’on ne donne (ou ne reçoit) jamais assez.. Le monde en a besoin ; et nous sommes tout un monde. J’ai intitulé cette aquarelle « Vers le jardin d’Eden ». Sans doute faut-il gravir quelques marches (faire quelques efforts) pour découvrir le merveilleux. Cela en vaut la peine.

Dans cette autre reprise, c’était plus difficile ; à partir d’une tache il m’a fallu imaginer ce que je pouvais en faire. J’ai cherché. Et puis, quand on écoute son coeur les choses se mettent progressivement en place.. Voici là aussi la photo avant (une tache) et ma réinterprétation :

On a du mal à reconnaitre et pourtant il s’agit bien de la même feuille. Des lavandes et un cabanon sont apparus. J’en profite pour remercier chaleureusement cet élève (qui se reconnaitra) pour le don de ces feuilles et pour sa gentillesse en général.

En plein mois de novembre, cela fait du bien de peindre des fleurissements. L’actualité le mérite. J’ai aussi regardé à la télé dimanche soir un reportage consternant sur l’état de l’éducation nationale en France. Baisse du niveau général, baisse du respect envers les professeurs, agressions, dégradation des infrastructures, etc… le constat était déplorable. Les gens n’imaginent pas combien il est difficile d’enseigner. Cela apporte des joies, certes, mais il faut des trésors d’énergie et de résistance pour supporter les perpétuels râleurs ou insatisfaits .. (En étant moins payé qu’un footballeur).. Bref.

Une petite histoire plus souriante pour finir. Cela fait plus de 10 ans que j’ai un petit poulailler dans mon jardin. Mes 2 poules sont maintenant trop vieilles et ne pondent plus (depuis plusieurs mois) mais je les garde par sympathie. L’autre jour, quelle drôle de surprise de trouver dans le poulailler un adorable petit chaton d’environ 2 mois.. (Comment est-il arrivé là ?? Mystère..).. Nous n’avons pas pu le garder très longtemps (même pas eu le temps de trouver une recette sur internet..), notre voisine a bien voulu l’adopter.. Nous le reverrons donc certaines fois. Ceci pour dire, symboliquement , qu’il y a beaucoup d’êtres qui traversent nos vies , qui nous apportent de la lumière, de la joie, ou simplement le cadeau de leur présence, qu’importe la durée, que ce soit une journée (comme pour ce chaton) , quelques semaines ou des années, rien ne meure de ces rencontres. Le plus difficile est juste d’en accepter la brièveté.

Voilà ; un peu d’aquarelle, un peu de réflexion, et pour finir un peu d’ironie.. J’ai aperçu dernièrement le visage de Madona. Bon, à 65 ans on peut dire qu’elle assure encore sur scène.. Mais côté chirurgie esthétique cela semble assez…effrayant.. Tant d’effort pour Paraître..(encore jeune).. Du coup, j’en viens presque à aimer mes rides. La Métamorphose (de Kafka) transformerait certains en cafard, d’autres en poupée de cire inexpressive ; un peu comme dans les filtres Instagram pour paraître ce que l’on est pas.. Triste époque..

J’avoue, j’ai plein de défauts. Mais la vie est trop courte pour ne regarder que cela.

A bientôt !

Mélancolie d’automne

Il pleut, il fait froid et humide, il y aurait de quoi se plaindre (comme tout bon français qui se respecte), mais je me garde toujours de tomber dans l’insatisfaction permanente de ce qui me manque alors qu’il faut se réjouir de ce que l’on a.. J’ai par exemple un cousin en Bretagne qui , suite à la tempête Ciaran, a eu plusieurs jours d’électricité coupée, 9° dans la maison, il est facile de relativiser. Et c’est encore plus évident quand on voit à la télé les champs de ruines dans lesquels vivent certaines populations à cause des guerres actuelles.. Se plaindre de la grisaille serait déplacé.

Il subsiste cependant une forme de mélancolie automnale, le front aux vitres à regarder la pluie, comme on regarde ces heures qui défilent et nos souvenirs, et l’on succombe à penser , comme le chantait Barbara : « Que tout le temps perdu ne se rattrape plus »..

Le front aux vitres, pour ceux qui aiment la poésie, est une référence à Paul Eluard, quand il écrivait :

« Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin, Je te cherche par delà l’attente, par delà moi-même, Et je ne sais plus tant je t’aime, Lequel de nous deux est absent.. »

Ce sont des vers magnifiques, que je pourrais dédier à l’aquarelle quand cela fait quelques jours que je n’ai pas peint. Il y a une forme de manque. Une forme d’addiction à ce plaisir de manier l’eau et les pigments de façon à faire naitre un imprévisible paysage.. La beauté est dans l’imprévisible.

Voici un exemple de ce qui est sorti de ma tête récemment :

Une féérie de l’automne. Mais ce qui rend la chose intéressante c’est la possibilité de le voir aussi comme un printemps aux champs de coquelicots. Nous voyons toujours les choses comme cela nous arrange. Pour info, cette aquarelle a été peinte sur du Canson Montval, format 35 x 50 cm.

Voici une autre vision, vraiment très automnale cette fois :

Travaillée (comme la précédente) dans le mouillé sur mouillé. Intitulée « Chanson d’automne », sans doute à cause des chansons qui me viennent en tête quand je peins.. « Une chanson que me fredonne l’automne, les tâches rousses de septembre, etc.. (je n’ose même pas vous donner le nom de ce chanteur espagnol… trop kitsch..)… Bref.. Le temps est vraiment à la nostalgie et des feuilles mortes (qui se ramassent à la pelle)..

N’allez pas croire que mes aquarelles actuelles ne sont qu’automnales ; mes élèves peuvent témoigner de celles représentant des calanques ou des oiseaux en ce moment, mais elles sont inspirées d’autres aquarellistes et je ne peux les afficher sur mon site .

Les réponses aux exercices ont été extrêmement rapides ce mois-ci , je n’ai pas eu la possibilité de poster celles de Dominique ou Claire par exemple, comme quoi les sujets proposés vous ont inspiré.. J’ai pris le temps d’écrire mes commentaires hier. Je ne suis pas sûr de pouvoir poster ma propre version, tout dépend de ma disponibilité.

La vision (déjà !) des décos de Noël, des chocolats, etc.. dans les grandes surfaces me désespère.. Et si par malheur j’entends Mariah Carey chanter « All I want for christmas » là j’ai carrément envie de crier.. (Un peu le cri que l’on fait quand on pose ses fesses sur la lunette trop froide des toilettes..).. Désolé. Je râle.. Bon , je continue : Pour Noël, faite simple.. inutile de m’offrir une Ferrari ou une Porsche.. JE N’AI PAS LA PLACE !! Du papier aquarelle suffira. (C’est presque le même prix, si c’est de l’Arches.. j’exagère à peine..). Ouais , je plaisante, ceux qui me suivent depuis longtemps savent que je ne suis pas très attaché aux choses matérielles.. La santé de mes proches c’est le plus important.

Prenez donc soin de vous, réjouissez-vous de la beauté de la pluie qui tombe (comme  » des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas »), et si la mélancolie vous épouse parfois, n’en prenez que le meilleur pour peindre de belles aquarelles..

La vie est faite de tout cela.

A bientôt !

Et de neuf (… sans faire de l’ancien)

Voilà donc une neuvième saison (déjà) qui vient de se terminer à Roussillon. Il semble qu’elle est passée plus vite que les autres, peut-être à cause de l’actualité, peut-être à cause du travail qui a été intense.. Même si au final j’ai vendu moins d’aquarelles cela a été compensé par la vente de grands formats que je ne vends pas si souvent.. Mes ruelles sont parties, certains paysages dans le mouillé, quelques rivières.. Tout le reste est maintenant ramené à la maison ; un grand bazar ; provisoire bien sûr.. Ah oui, j’oubliais : je n’ai plus de fruits (et même mon lit se transforme en*… présentoir..).. Il faudra donc que je peigne beaucoup cet hiver pour reconstituer un stock . Neuf ans à faire du neuf, des aquarelles toujours originales et différentes, même si certains sujets plus anciens ont été refaits , mais avec un oeil nouveau. Le grand défi est là : se renouveler. Ne pas tomber dans la répétition et s’enliser dans la caricature de soi-même.. C’est cela le plus difficile. Vraiment. Car l’on est confronté à la demande (souvent commerciale) de ce qui se vend, au détriment de la création pure et épanouissante.. Rattrapé par la réalité économique. Payer son loyer, ses URSSAF, ses fournitures, etc.. Il y a pire comme dilemme, j’en suis conscient. Je reste accroché à mes rêves (d’artiste), comme un enfant accroché à ses illusions, comme un chêne à ses racines profondes, comme un intégriste accroché à sa vision moyenâgeuse du monde (Humm, parallèle un peu foireux, j’avoue…) . Heureusement j’éprouve toujours du plaisir à peindre, quel que soit le sujet ; et c’est le plus important.

Mon dernier paysage dans le mouillé est une parenthèse printanière en cet automne pluvieux : Les (fameux) arbres de Judée :

Un format assez grand (45 x 48 cm environ), sur du papier Canson Montval. Un genre d’envolée lyrique qu’il est agréable de faire.

Novembre commence sur des bases assez agitées niveau météo.. Les tempêtes sont fortes, pluies et vents au rendez-vous. C’est très pénible d’avoir les cheveux dans les yeux avec ces bourrasques et d’être tout le temps en train de se recoiffer.. Sans compter que je frise.. Ben voyons.. Oui, je sais, je frise surtout le ridicule, mais bon , au moins il ne tue pas.. Si je raconte des bêtises c’est bien sûr pour faire sourire un peu. En ce moment le monde a besoin de sourires, et d’émerveillements.. Même sur des choses dérisoires (comme on peut les trouver sur ce blog)..

Il y a de quoi s’émerveiller de bien des choses, il suffit juste de prendre le temps. Les ciels sont magnifiques, les couleurs d’automne également :

Cette petite aquarelle est juste là pour vous le rappeler.

L’automne est comme musical. Une symphonie de couleurs. Une valse. Une valse à 3 temps, une valse à 20 ans, comme disait Brel : une valse à 1000 temps offre seule aux amants 333 fois le temps de bâtir un roman…

Ouais, encore des références de vieux croutons.. Désolé. Je reste nostalgique d’ une vision du monde plus simple et plus tolérante. J’ai toujours du mal à comprendre pourquoi l’on peut tuer pour des questions de religions, de races ou de territoires.. Tant de siècles d’évolutions pour ça.. (Il convient de réécouter « Et si en plus y a personne », de Souchon)..

C’est donc pour cela que l’un des exercices de ce mois est un olivier, arbre de Paix. Il y a aussi des olives, et un magnifique embrasement d’automne.. De quoi faire de belles aquarelles. Les premières réponses ont déjà été affichées.

Je vous remercie pour vos nombreux messages sympathiques (auxquels je n’ai jamais assez de temps pour répondre), ainsi que pour votre fidélité.. Je m’effraie parfois du nombre de lecteurs de ce blog.. Des centaines.. (sans compter les non abonnés dans l’anonymat derrière leur écran..) A la limite ça fout la trouille.. (comme disait Alain Chabat)..

Bon, je vous laisse . Dans l’intense voyage de l’émerveillement, même des petits riens, dans la valse à trois temps (ou à 1000 temps) qui fait votre vie…

A bientôt !

Les petites victoires

Ce n’est pas grand chose, mais la vie offre parfois de petites satisfactions qu’il faut savoir apprécier.. L’aquarelle représente une grande partie de ma vie (puisque je peins presque tous les jours), et la présence à la galerie contraint bcp mon emploi du temps.. Malgré tout, je fais mon possible pour libérer quelques heures en soirée pour disputer parfois un tournoi de tennis. « C’est une question d’équilibre » (comme dirait Francis), car il m’est nécessaire de bouger pour compenser l’immobilisme de mon activité principale.. Vous ne verrez pas ma photo en short sur cet article, mais elle est visible sur ma page Facebook..

J’ai donc eu le bonheur (et la fierté) de remporter le tournoi de Carpentras dans ma catégorie (+55), avec comme lot une grosse bouteille de bière..(oui, j’aurais préféré du Champomy..)..4 matchs remportés (dont l’un au lendemain d’une anesthésie générale) c’est très appréciable.. Certes , la terre battue avantage mon jeu de grand-mère neurasthénique (et asthmatique), ce n’est pas aussi flamboyant que du Federer, mais je me bats avec mes armes : l’abnégation et la rapidité. En ramenant tout ce que je peux, avec la peur de perdre, plus que la volonté de triompher.. Tout ça pour que je puisse le raconter à mon père et mes enfants, comme si ces petites victoires valorisaient mon égo à leurs yeux..

Je ne manque pas de faire le parallèle entre la pratique de l’aquarelle et celle du tennis ; il faut là aussi de l’abnégation, ne jamais se décourager, même quand on galère devant un sujet plus fort que nous . Les petites victoires proviennent de ces moments de grâce que l’on touche parfois, même sur 2 cm carrés, quand le fondu des couleurs répond à nos attentes, ou quand l’harmonie qui se dégage nous évade quelques instants..

Ce n’est pas grand chose, mais c’est parfois un essentiel sur le court instant de la vie.

Alors que la fin approche (celle de la saison à la galerie) j’ai peint cette chapelle (inspirée de celle de Blauvac) en automne :

J’ai forcé un peu les couleurs, je sais ; c’est surement parce qu’il faut détourner l’attention de cette actualité israélo-palestinienne qui démoralise.. (Du coup, ils parlent moins de la guerre en Ukraine..). Bref, je renforce volontairement les intensités des vignes, des oliviers, des collines, pour donner des contrastes plus forts..

La dernière fois je vous montrais une ruelle provençale avec un chat , et je vous disais qu’il n’y était pas.. (Se méfier des apparences et des fausses informations).. C’est un peu pareil avec cette dernière aquarelle en technique « illustration bichrome » :

C’est un sujet que je n’ai JAMAIS fait.. Si si je vous l’assure.. Bon, ok, si vous ne me croyez pas c’est que vous ne gobez pas tout ce que vous entendez ou regardez sur les écrans.. C’est bon signe..

J’ai peint aussi un joli paysage en mouillé sur mouillé avec des arbres de Judée hier ; je vous le montrerai la prochaine fois ; si vous êtes sages.. Hé oui, la fin de saison à Roussillon se rapproche, plus que quelques jours avant de ramener les « enfants » à la maison.. Les « enfants » étant mes aquarelles ; celles qui n’ont pas trouvé « d’adoptants » cette année.. Ce n’est que partie remise..

J’avoue hésiter à mettre cette affichette sur la porte d’entrée :

Il y a aussi : « Si je ne suis pas là, c’est que je suis las ».. C’est un peu le même genre de message, cela veut dire, nous avons assez donné, on se retrouve après la pause..

En revanche, pas de pause en novembre pour les exercices pour élèves .. Le prochain sera proposé mercredi normalement.. Je sais que vous êtes nombreux à les attendre.. Je vous souhaite des petites victoires sur les batailles que l’aquarelle vous demande ; elles sont quand même plus agréables que d’autres batailles..

« Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite, et recevoir ces deux menteurs d’un même front  » (R. Kipling), alors vous aurez compris beaucoup de choses..

Je terminerai avec cette petite phrase issue d’une série Netflix appréciée que j’ai regardée récemment : « Sachez que vous êtes aimé(e).. »

A bientôt !

A la fin de l’envoi je (re)touche

Un petit clin d’oeil à Cyrano pour commencer, désolé si mes références sont un peu vieillottes ..(j’avoue avoir du mal à trouver des citations de Kim Kardashian).. Quand arrive la fin de saison j’arrive moi aussi en fin d’inspiration et l’énergie est différente. J’en profite pour faire le tour des aquarelles qui « trainent » à la galerie, c’est à dire celles qui attirent moins de regards ou de commentaires, et j’essaye de les retoucher pour les améliorer.. (Quand c’est possible..)

Voici par exemple ce paysage printanier d’amandiers en fleurs ; j’y ai rajouté des cyprès et du rose par endroits pour le rendre plus attractif, et je pense que c’est mieux ainsi :

Rien à voir avec la saison, mais je trouve que cela fait du bien d’avoir un peu de printemps dans le coeur quand arrive la grisaille de l’automne.. Nous ne pouvons nous plaindre de ce mois d’octobre, la douceur des températures a quelque peu atténué les mauvaises nouvelles du monde.. On se console comme on peut.

Les visiteurs de ce mois sont aussi des promeneurs égarés (qui cherchent le sentier des ocres), d’autres sont limite dédaigneux quand ils rentrent et quand on commence à leur expliquer notre travail : « Oh vous savez moi aussi je peins.. » disent-ils.. Sous entendu : ne vous fatiguez pas, on ne va rien acheter, on vient juste comparer avec ce que l’on fait, on sait déjà tout sur la technique… Bref. Ce genre de personnes pas très agréables sont moins supportables en fin de saison , alors qu’un simple sourire peut suffire pour beaucoup de chose.. Il y en a d’autres qui me connaissent par les vidéos You Tube et qui s’étonnent de me rencontrer « en vrai ».. Cela m’amuse, mais s’ils savaient que ces vidéos ne me rapportent qu’environ 4,50 € en 2 mois, il n’y a pas de quoi faire la Star..

Je n’ai presque plus de ruelles ou de façades de villages exposées, il faut dire qu’elles partent rapidement. (Tant mieux !). En voici une rescapée, avec un escalier sur la droite :

Je n’ai pas mis de chat cette fois-ci, non non, je vous assure.. Vos yeux vous jouent des tours.. Il ne faut pas croire tout ce que vous voyez (ou entendez), si j’affirme cela c’est juste pour dire que la manipulation des images, des infos, des médias est devenue si courante (en temps de guerre notamment) qu’il faut vraiment faire attention à ce qui se présente.. L’intelligence artificielle est capable de choses bien étonnantes, y compris des créations artistiques « dans le style » de tel ou tel artiste.. Quelle drôle d’époque..!

En ce moment je fais travailler mes élèves sur des aquarelles qui ne sont pas de moi, et même si j’en fais une version également je ne les mettrai pas sur mon site, par respect pour l’auteur. Cela reste un excellent exercice pour progresser, car la différence d’approche est toujours intéressante.

Un petit mot pour signaler l’exposition à l’espace Pluriel d’Avignon (Rocade sud) de mon ancienne élève Michèle Brûlé. (Jusqu’au 1er décembre). Ce n’est jamais anodin quand on expose ses oeuvres..

Bon, ayant commencé par Cyrano, je ne finirai pas par sa tirade du nez (même si le mien est assez long aussi), mais par ses paroles à Roxane à la fin de l’Acte V, scène 5 : « Non non mon cher Amour , je ne vous aimais pas… »

Parfois quand on peint c’est un peu pareil. Les touches de pinceau sont comme des mots, comme des déclarations aux beautés qui nous entourent.. Comme des aveux à peine murmurés.. On cache sans vraiment cacher.

A bientôt !

Un point de précision

Il y a quelques années de cela j’avais intitulé un de mes articles « Aux illuminés de l’obscurantisme ». C’était suite à des attentats, je ne veux plus me rappeler desquels, mais force est de constater que malgré les années qui passent il reste toujours des décalages entre certaines visons du monde, des rancoeurs, des haines pour des histoires de races ou de religions, comme si le moyen âge persistait à exister chez certains..

Il y a tant d’Amour à donner , dans une vie si courte, pourquoi chercher à nuire ou à convertir à son mode de pensée l’autre qui ne demande rien..?

Personnellement je ne souhaite pas vous convertir à l’aquarelle. Je vous montre juste quelques facettes de ma technique, quelques images destinées à nous évader un peu, et tant mieux si en plus cela sert à vous inspirer ou vous faire progresser..

J’ai finalement trouvé le temps d’écrire mes commentaires sur les exercices du mois, mais ce n’était pas évident. Cela devient redondant, je sais, mais je n’arrive plus à me libérer du temps en cette fin de saison à la galerie. (Plus que 15 jours). J’ai des mails auxquels je n’ai pas pu donner suite, des demandes pour des cours par internet auxquelles je ne peux répondre pour l’instant.. Trop de choses s’accumulent depuis des mois et le manque de vacances se fait sentir. Il faudrait que je puisse en prendre en novembre car je ne suis pas une machine..

Bref, pour changer un peu voici une aquarelle en technique « illustration bichrome » avec un tout simple cabanon :

Un point de précision, ça et là, pour rehausser les contours, les détails, et puis peu de couleurs.

Il y a très longtemps j’avais réalisé un dessin à l’encre représentant 3 vues symboliques de mon village Velleron. Il fallait les lier sur un même format. L’image a été utilisée pour faire la carte de voeux du village (dans les années 2000), mais comme j’ai gardé l’original je me suis décidé à la colorer un peu et à la présenter aux visiteurs :

On peut y voir le pont de l’avocat, l’église, puis la mairie.. La difficulté était de gérer les transitions entre chaque vues différentes..

A part ça, le reste de l’actualité n’est pas folichon.. Perdre d’un point en 1/4 de finale de la coupe du monde de rugby a dû faire pleurer ou râler bcp de français.. Un point de précision peut parfois changer beaucoup de choses.. Il en est de même en dessin ou en aquarelle.

A ma grande déception je n’ai pas reçu le prix Nobel de Physique ni de Mathématique cette année.. Bon, même si je n’avais rien publié à ce sujet, ça fait mal quand même.. Une déception de plus.. Et je viens d’apprendre que la Gay pride ne serait pas organisée en Tchétchénie, ni en Iran (ni en Corée du Nord).. Des informations vraiment étonnantes..

Difficile de sourire de la complexité du monde en ce moment, d’apporter de la lumière dans cet obscurantisme de pensée, d’être léger dans la lourdeur de l’actualité.. Alors peignons ensemble.. Réalisons de belles aquarelles, comme un sourire face à l’intégrisme religieux (d’où qu’il soit), comme une chevelure féminine fièrement montrée en Iran, comme une liberté de penser sans que cette pensée ne soit imposée à l’autre..

L’aquarelle est faite pour rêver, non ?

A bientôt !

L’aquarelle est un territoire partagé

Ce qui est beau dans la rencontre c’est le partage. La relation qui se tisse devant la différence afin que celle-ci ne soit pas un obstacle mais une opportunité d’en apprendre davantage, une expérience de vie..

Les visiteurs à la galerie de Roussillon sont multiculturels, ils viennent de tous les pays du monde ou presque, de toutes les religions, de toutes les affinités ou de choix de vie, des couples mixtes, des couples d’hommes, de femmes, des jeunes, des vieux, etc.. mais ils ont tous en commun cette ouverture d’esprit dans le regard devant une oeuvre d’art. Certains sont transportés en émotion, d’autres sont bercés dans le rêve et la douceur, il y a comme une connexion universelle à la beauté, une espèce de territoire partagé de l’humanité, comme si, malgré tout ce qui se passe en ce moment, malgré toutes ces absurdités et ces folies, il restait un espoir ..

La beauté sauvera le monde (disait Dostoïevski), c’est peut-être pour cela que je peins des aquarelles en essayant de les réussir assez pour que certains les trouvent assez belles, ou qu’elles donnent de l’apaisement à ceux qui les regardent.. C’est peu, mais c’est déjà ça.

Une vision plus fleurie du monde qui nous entoure, des paysages plus colorés qu’en réalité, c’est parfois exagéré mais c’est toujours mieux que la grisaille qui envahit les âmes.. La vie est trop courte pour ne pas s’émerveiller..

C’est dans cet esprit que j’ai peint cette aquarelle de reflets, dans les tons d’automne :

Elle s’intitule « Les reflets doux ». En regardant de plus près vous apercevrez peut-être la discrète silhouette d’un personnage.. J’essaye de plus en plus d’en intégrer dans les paysages que je peins, sans doute pour espérer que l’homme trouve sa place dans la nature sans la détruire.. (Un doux rêve dans des reflets doux..)

J’ai aussi peint cette ruelle fleurie, une de plus, dans un format plus petit hier :

Pas de silhouette humaine cette fois, chat n’a pas d’importance, n’est-ce pas..?

Les journées d’octobre sont très irrégulières en terme de fréquentation à Roussillon, mais heureusement que le beau temps est de la partie..

Concernant les exercices du mois, le quota des 20 réponses est atteint ; inutile d’en envoyer d’autres. Je vais essayer de poster mes commentaires quand je le pourrai car j’aurai quelques rendez-vous médicaux dans les prochains jours ; je me demande parfois si l’effondrement du système médical en France (trouver un médecin ou un spécialiste) n’est pas pire que l’effondrement du niveau scolaire.. Mais bon, nous payons toujours autant d’impôts pour cela..

Je voulais terminer en souhaitant un bon anniversaire à mon père qui a eu 97 ans ce week-end.. Dans son EHPAD, si loin là-bas.. 97 ans et encore de la mémoire pour des passages de poésies ou de pièces de Racine ou de Molières.. C’est aussi un territoire culturel qu’il est bon de partager.. Cela ne vaut pas la peine de mourir pour ce genre de territoire..

Prenez soin de vous..

Là-bas on l’appelle l’été indien

Cette fin de septembre et ce début d’octobre feraient presque ressortir la chanson de Joe Dassin, et ce refrain : « On ira , où tu voudras quand tu voudras… » etc.. (les vieux comme moi s’en souviennent), l’été indien est là, les journées sont belles, sans mistral qui pourrait me décoiffer, (ça va.. pas de vannes s’il vous plait..), sans pluies torrentielles, bref, il faut en profiter.. Mes aquarelles ne sont pas celles de Marie Laurencin, comme dans la chanson, je n’ai pas sa notoriété et elles sont bien plus représentatives de la Provence et de ses beautés (comme je la vois), donc pas de robes longues et de balades sur la plage..

L’aquarelle de la chapelle en automne dont je vous parlais l’autre fois a été vendue le jour même de son arrivée à la galerie.. (vous pouvez la voir sur instagram mais je ne la posterai pas ici), et il m’est arrivé encore mieux samedi dernier : j’étais en train de peindre la fontaine de Gordes, et un américain me l’a réservée avant même qu’elle soit finie..! Vous ne la verrez donc pas non plus.. Bon, je sais , ça fait beaucoup de frustration, mais au fil de la vie on se rend compte qu’il y a beaucoup de frustrations et de rendez-vous manqués, ce n’est pas très grave, pas très important, l’essentiel est d’avancer et de se dire que le meilleur est toujours à venir..

Je vous ai mis de côté cette aquarelle de ruelle, dans une version classique et colorée :

Ne cherchez pas, il n’y a pas de chat cette fois-ci.. Peut-être qu’un acarologue pourrait trouver quelques bestioles dans les buissons, mais elles seraient inoffensives.. Rien à voir avec les punaises de lit dont on parle bcp en ce moment ; elles provoquent le même effet que certains politiques ou animateurs télés dont je tairai le nom.. Bon, heureusement je ne fréquente pas ce genre de bestioles..

La vie est trop courte pour s’agacer de futilités. Le mois d’octobre est donc déjà entamé. 28 jours plus tard (comme le titre du film) la galerie fermera ses portes et j’espère pouvoir me reposer un peu..

J’ai reçu hier à la galerie la visite de Corinne Izquierdo et de ses stagiaires ; comme l’année dernière. Je suis très touché qu’une aquarelliste de cette renommée apprécie mon travail dans le mouillé ; j’admire aussi cette capacité d’organisation avec une quinzaine de stagiaires, dans divers endroits, je n’ai guère de temps pour envisager le moindre stage, même avec 4 ou 5 personnes, j’ai trop besoin de me mettre en pause..

Les exercices pour élèves ont été postés samedi 30 septembre, et déjà ce jour là j’ai reçu 2 premières réponses. Les Lucky Luke de l’aquarelle.. ! Je posterai au fur et à mesure des réceptions, jusqu’à atteindre les 20 participants. N’envoyez rien après cela car je n’ai pas assez de temps pour répondre.

Je voulais terminer cet article avec un extrait des paroles de l’été indien :

« Je pense à toi. Où es tu ? Que fais-tu ? Est-ce que j’existe encore pour toi ? » Cela pourrait s’adresser à ces (très) nombreux visiteurs, ces gens qui paraissaient très intéressés et qui m’ont dit qu’ils repasseraient plus tard, ou m’enverraient un message..

Bon, ben, j’attends toujours.. Pour certains ça fait quand même plus de 5 ou 6 ans… Quand même..

Je rigole bien sûr.. (Ne rien attendre, sinon l’inattendu..)

Profitez bien de l’été indien, les beautés ne sont jamais loin..

A bientôt !

Et vous verrez l’automne

« Et vous verrez l’automne, comme un printemps qui s’ignore, comme un baiser timide qui fait rougir les champs, qui fait jaunir les vignes, et qui vous portera dans la douce chaleur de ses tendres aveux.. »

Nous n’en sommes pas encore aux changements de couleurs dans la nature, bien que nous soyons en automne depuis samedi, mais je n’ai pu m’empêcher de peindre quelques paysages colorés aux teintes automnales, par anticipation.. C’est sans doute mon côté impatient, comme un enfant qui trépigne à l’idée d’ouvrir ses cadeaux.. La nature est un cadeau ; beaucoup de gens ne voient pas (ou plus) la beauté des arbres qui nous entourent, les ciels magnifiques qui rougissent à la fin du jour, et ne réalisent pas que certaines rencontres sont des preuves d’Amour..

Oh la !.. Je deviens poète par moment.. ça doit être le changement de saison ; septembre se termine, déjà, et dès dimanche je proposerai de nouveaux sujets comme exercices sur ce site. Vous êtes de plus en plus nombreux à les suivre et à suivre mes articles, je vous en remercie..

Voici donc une aquarelle d’automne, toute récente :

Les vignes ne vont pas tarder à se colorer de la sorte, quand la fraicheur d’octobre les embrassera, et les arbres s’habilleront de rouge ou de jaune pour préparer la chute des feuilles.. Tout n’est qu’un au revoir..

Juste hier j’ai aussi peint ces reflets d’automne, dans une prédominance jaune :

Il y en a une autre en cours de réalisation, une chapelle dans un paysage automnal, que j’espère vous montrer la prochaine fois..

Comme je le disais plus haut, septembre se termine bientôt, et les derniers jours furent agréables par de belles rencontres à la galerie, mais aussi par la vente d’aquarelles dans le mouillé sur mouillé qui sont plus rares en début de saison. J’en profite donc pour saluer et remercier Laure pour sa visite, ainsi que Marie Christine (habituée des exercices), Annick, et d’autres dont le prénom m’échappe, mais pas le souvenir de leur passage..

Ces rencontres adoucissent la fin de saison, comme un rayon de soleil dans la fraicheur du matin, et le mois qu’il reste en sera plus serein..

Je ne ferai pas trop de commentaires sur l’actualité aujourd’hui, le pape, le roi d’Angleterre, Antoine Dupont et sa mâchoire, on se demande ce qui intéresse le plus les français.. Certainement la hausse des prix et les peurs que les médias se plaisent à agiter, tout le reste n’est que divertissement.. L’aquarelle est toute petite dans ce monde , mais elle a le mérite d’exister..

Une petite bleue pour finir :

Un des sujets proposés à mes élèves pour la rentrée, histoire de reprendre dans la douceur des dégradés de bleus.. Il y a une part de mystère dans cette forêt, surement des animaux cachés quelque part, des amoureux au creux d’un buisson , peut-être, ou un promeneur en quête de méditation.. Ce qui est sûr c’est que la lumière n’est jamais très loin…

Prenez soin de vous et de vos proches, comme l’automne vous enlace de ses chaudes couleurs.. Un bel exemple à suivre..

A bientôt !