Démos qui ont du sens

Je viens de finir 3 jours de stage près de Nîmes, assez intenses (et fatigants avec les allers-retours), mais la satisfaction des élèves est une vraie récompense ; d’autant que leur accueil et leur gentillesse rendent cet épisode agréable.. J’en profite pour saluer les fidèles de ce blog qui habitent le Gard et l’Hérault (ils se reconnaitront) car ils sont nombreux.. Nous avons abordé 4 sujets différents, sous le mode « démo ». C’est à dire que je peins en temps réel le même sujet que les stagiaires, tout en les corrigeant en passant surveiller leur travail. Les démos ont du sens car ils montrent comment se déroule une aquarelle, étape par étape, (à ma manière), en commençant par le dessin, puis les zones globales de fondus, d’arrière plan, et enfin les détails de finition.. Il y a des élèves plus bavardes ou accaparantes que d’autres , mais bon, la patience fait partie de la pédagogie..

Des 4 sujets traités, le plus difficile fut la rivière entre des blocs de rochers ; j’ai sous estimé la difficulté pour des stagiaires (tâtonnants pour certains), je vous la montrerai une prochaine fois, en attendant, voici le panier de figues que nous avons traité :

Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, c’est un sujet que j’avais déjà abordé il y a 7 ou 8 ans. Et cela fait toujours plaisir que des élèves me complimentent sur mes figues. Ces tons mauves violacés sont agréables à travailler.

il y a eu aussi ces citrons :

Un sujet plutôt facile, que j’avais aussi déjà réalisé il y a quelques années.. Le jaune des citrons est agréable, plein de soleil et de vitamine.. C’est un sujet qui a été travaillé par d’autres aquarellistes également.

Le mois d’avril se termine ce week-end, et si les visiteurs ont été assez nombreux dans le village de Roussillon, les entrants dans la galerie l’ont été beaucoup moins, et les acheteurs encore moins.. Pâques ne fut qu’un feu de paille prometteur, mais au final ce fut moins bien que l’année dernière. Peut-être qu’une fois le 1er mai passé, ce sera mieux.. Ce fameux 1er mai, fête du travail, où je travaillerai comme les 9 ou 10 derniers à Roussillon ; pas de défilé pour moi ; je ne suis pas du genre non plus à taper dans une casserole, j’avoue être las des débordements et invectives en tout genre.. Même si je ne suis pas d’accord avec certaines lois ou comportements du pouvoir actuel, le bruit , les grèves et les dégradations des opposants me consternent encore plus.. Parler de dictature est une insulte pour ceux qui vivent dans certains pays et qui meurent pour juste penser autrement, ou s’habiller autrement.. Il y a des mots qui ont du sens.. Il ne faut pas l’oublier.

Le 1er mai sera donc aussi le temps du nouveau sujet proposé en exercice ; il y aura des fleurs (un sourire pour Nicole), et de l’eau calme, sans doute.. L’eau, si précieuse et si rare dans le sud en ce moment..

Je termine avec un petit mot de remerciement pour Dominique, passée à la galerie, ainsi que Danielle et Armand que j’ai raté, le don d’ubiquité fait hélas partie des nombreux dons que je n’ai pas.. Je vais déjà continuer à travailler celui de l’aquarelle, je suis encore loin de finir d’apprendre.. (même après 64 ans je pense que je continuerai..)

A bientôt !

Au milieu du Printemps

L’on pourrait presque paraphraser Camus avec sa fameuse citation sur cet invincible été qui perdure en soi au milieu de l’hiver, hé oui, nous sommes à peine au milieu du printemps et pourtant les feuilles mortes des illusions perdues s’envolent déjà au vent d’automne du pouvoir présidentiel.. Je ne juge personne, je ne fais que constater la vindicte populaire que les médias se font un plaisir de relayer , avec un président cristallisant les reproches, les rancoeurs ou la haine.. C’est un peu beaucoup dans une vie si courte. Je ne souhaite pas perdre mon temps à conspuer qui que ce soit, quoi qu’il ait fait.. Il y a des choses bien plus graves ; porter atteinte à un enfant, lever la main sur une femme, martyriser un animal, sont par exemple des choses que je ne tolère pas.. L’âge de la retraite n’est qu’un motif parmi d’autres de crier son exaspération de la difficulté de vivre décemment , l’inflation , le réchauffement climatique, la guerre en Ukraine, rajoutent au mal de vivre actuel.. Sacré printemps..

« Et pourtant il faut vivre (ou survivre) sans blesser tous ceux qu’on aime » (je cite Balavoine), avec poème en revanche, et comme l’aquarelle est poésie je vous offre une parenthèse de légèreté dans ma version en mouillé sur mouillé de l’exercice du mois :

Intitulé tout simplement « Printemps« , un travail assez grand (48 x 52 cm) sur vélin d’Arches. Comme d’habitude la photo ne relève guère les nuances.. La feuille a été entièrement mouillée, travaillée sur plexiglass, avec des retraits, puis des petites touches fines sur le sec pour les pierres et les branches..

Il y a certaines aquarelles dont je suis satisfait, parfois presque au point de sortir dans la rue et de taper sur une casserole avec une louche pour que le monde entende ma satisfaction.. Mais bon, il parait que ce n’est pas autorisé en ce moment, je ne sais pas pourquoi..

Bref, il y a parfois plus de vacarme dans le coeur d’une émotion ressentie que dans les bruits assourdissants du monde..

Vous avez pu constater que les commentaires sur les réponses aux exercices ont été postés. Le prochain sujet sera le 1er mai.. Il y aura probablement des fleurs , ou de l’eau, pour atténuer la colère.. espérons..

A propos de fleurs, j’ai rajouté des coquelicots à cette aquarelle que j’avais réalisée lors d’une vidéo You Tube (la seule en extérieur). Elle sera disponible à la galerie :

C’est le pont de Cambuisson (sur le canal de Carpentras) à Velleron.

Les visiteurs sont bien moins nombreux et intéressés, hélas, même si les compliments font toujours plaisir. J’ai rencontré d’anciens élèves aussi. (Je ne me souviens parfois de leur nom que quand ils sont partis.. C’est terrible..).

Ne m’en veuillez pas, je fais ce que je peux, et je ne suis pas parfait. Je vous souhaite d’être un printemps pour les autres, comme un arbre de Judée colorant le paysage, la vie a besoin de ce genre de douceur..

A bientôt !

L’eau de consolation

Certes, il y eut quelques gouttes de pluies hier et avant hier, une misère… L’équivalent d’une larme de compassion sur le visage d’un extrémiste, autant dire pas grand chose.. Il nous faudrait des nuits entières de pluie pour combler les déficits, mais déjà la semaine prochaine s’annonce sèche et venteuse.. Bref, patience, en attendant notre eau de consolation.. La fraîcheur est là cependant ; ça caille même le matin, et les visiteurs à Roussillon se font plus discrets..

A propos de Roussillon j’ai pu finir la version d’un des exercices de ce mois : Une balade dans les rues du haut village, près de l’église :

Un grand format (43 x 60 cm) qui a demandé du travail ; j’y ai même mis 3 personnages (chose rare), j’aurais pu y rajouter 49 chats mais je n’ai pas osé.. (Il ne faut pas dépasser les Bornes !) et passer à autre chose.. Vous pourrez voir cette aquarelle à la galerie en fin de semaine prochaine, quand j’aurai le cadre et le passe-partout.

Concernant les exercices, ils sont clos depuis hier ; n’envoyez plus rien. J’essaierai de trouver le temps de poster mes commentaires sur vos travaux. J’en profite pour saluer Jean Marie, l’un des participants, qui est passé à la galerie hier..

Les visiteurs ne brillent pas tous , hélas, par leur sourire ou leur lumière intérieure.. A l’atelier, en dehors des aquarelles, nous avons aussi quelques huiles qui sont numérotées (de 1 à 20 en général) et qui réfèrent à une liste de prix correspondants, posée bien en évidence.. L’autre jour, il y a quand même une femme qui est venue me demander si « 17 » était bien le prix de la peinture.. Bon. (En général, j’ai de la répartie, mais seulement quelques heures après..). Bref, je me suis demandé si elle était sérieuse, si elle était influenceuse instagram, si ses enfants s’appelaient Bryan et Kimberley, si elle suivait les programmes de télé réalité, si « 17 » était son Q.I., enfin, si ça valait le coup que je lui explique le prix et la valeur des choses… Bref, j’ai juste souri, avec un « non » poli et en lui indiquant le vrai prix.. « Ouh là ! c’est pas mon budget ! » a-t-elle dit.. Hé oui, 17 € ce n’est même pas le prix du cadre, mais bon, je suis parfois las d’expliquer les choses..

Dans le lot de visiteurs, il arrive donc qu’il y ait ce genre de personnes ; mais fort heureusement ils sont minoritaires. C’est donc pour la majorité que je dédie cette petite aquarelle de lumière sur le Ventoux :

C’est un exercice de dégradé pas trop difficile (même si ça vaut plus que 17 €), et j’encourage mes élèves à s’y entrainer..

En manque d’eau, la lumière est notre lot de consolation. Ne la perdons pas de vue, même quand tout semble plus sombre.

Vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, je vous remercie ; j’en profite pour saluer Serge, Christiane, Diamina et les autres fidèles pour qui j’ai une pensée particulière. La semaine prochaine sera très chargée, ainsi que la suivante, avec de la famille en visite, des rdv médicaux, un stage, bref, et en plus il faudra peindre… Oui, ça vaut vraiment plus que 17 €…

Prenez soin de vous , et à bientôt !

A la délicatesse

Un grand Merci pour vos gentils messages d’encouragement pour ce week-end de Pâques à la galerie.. ça s’est très bien passé ! Il y eut beaucoup de monde le samedi et le dimanche, un peu moins hier, mais cela apporta de très belles rencontres, et notamment 2 belles ventes très réconfortantes pour le travail accompli.. Ma ruelle fleurie (présentée ici le 25 mars) ainsi que celle avec les 2 portes et le chat roux, sont parties pour la Suisse. J’en profite pour remercier les suisses qui suivent mes articles ou mes exercices car ils sont assez nombreux..

Cela fait plaisir de voir que ça vaut la peine de travailler dur, de se remettre constamment en question (surtout en aquarelle), car les compliments des visiteurs sont des récompenses agréables. Ouvrir vers 10 h 30 et fermer vers 19 h, sans pause, c’est un peu fatiguant quand on enchaine les jours ainsi, (avec les trajets), mais les rencontres sont précieuses et savoureuses bien des fois.. J’oublie ceux qui rentrent sans dire bonjour, (ou parfois, pour certains couples c’est la femme qui dit bonjour et le compagnon suit sans rien dire, comme si elle était chargée de la politesse.. les hommes doivent être fatigués , sans doute..).. J’oublie aussi ceux qui rentrent tout salis d’ocres, comme une nouvelle couleur humaine que l’on ne doit trouver qu’à Roussillon, les enfants semblent plus « colorés » que les adultes (mais pas toujours).. Bref, une palette d’humanité assez large, où le respect n’est pas forcément inclus dedans.. C’est ainsi. Mais fort heureusement il y a 95% de personnes agréables . J’en profite aussi pour apprendre des mots (quand des étrangers essayent de parler français).. Hier, par exemple, j’ai bcp hésité quand une femme m’a demandé :  » vous pendez ? « .. Ce doit être l’âge, mais parfois je ne comprends pas tout, les lettres P et B peuvent se confondre, les intonations rajoutent à la difficulté, bref, après hésitation j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de « pendre » mes tableaux au mur (encore moins mes illusions) alors j’ai répondu « oui, c’est moi qui peint.. »…

Bon, et puis il y a aussi ces moments de grâce, ce genre de visite qui vous fait comprendre que ce que vous faite est délicat et mérite de l’attention.. Dans un silence empli d’émotion retenue, cette jeune femme regardait avec une infinie délicatesse mes aquarelles, mes triptyques, comme on les traite si rarement.. Un vrai moment de douceur.. Alors que tant de gens font défiler les aquarelles dans les bacs sous leurs mains comme des promos de steak haché au supermarché du coin , grossièrement, sans précaution, c’était là exactement le contraire, comme un murmure de respect, si rare de nos jours.. Merci Jessie pour cette délicatesse inoubliable..

Je ne fais pas que des rencontres à l’atelier, bien sûr je peins aussi ; presque tout le temps. Je dédie cette aquarelle à Jacques G. qui connait l’origine de ce dessin :

La photo altère les nuances de bleus et mauves des lavandes mais cela donne une idée. Je sais que je suis en avance pour l’été, mais j’ai pu constater que la demande était déjà là ; les étrangers gardent en tête une image de la Provence, et elle est liée à la lavande comme Paris à sa Tour Eiffel, comme la CGT à ses grèves, ou comme Borne à son 49,3… Chacun son image..

En attendant les lavandes, c’est le temps des arbres de Judée (les lilas également), ce sont de vraies merveilles qu’il faut savoir apprécier.. (je regrette de n’avoir pas assez de temps pour me balader et photographier ces instants de beauté..). Profitez-en..

Il vous reste 5 jours pour envoyer votre version de l’exercice du mois ; je suis en train de travailler sur l’un d’eux, j’espère le finir ces jours-ci.

En attendant, je vous souhaite une belle semaine, toute en délicatesse et en respect, car c’est par cette voie que les choses les plus belles arrivent..

A bientôt !

Façades et contenants

« Il y a des gens qui n’ont que la façade… L’entrée est un palais , mais le logement une cabane. » (B. Gracian)

C’est à se demander si de nos jours l’apparence n’est pas plus importante que l’intérieur. Du maquillage à outrance, des filtres instagram pour paraitre plus jeune et plus beau, du buzz sur l’emballage plutôt que sur le contenu.. Et quand les intelligences artificielles (genre Chat GPT) s’y mettent aussi avec de fausses images créées, on ne distingue plus la limite entre la réalité et les fake news. C’est le syndrome de ces dernières années : Paraitre plutôt qu’Être, comme si l’on refusait l’acceptation de soi, comme si la bataille contre nos défauts physiques était plus importante que ce que nous pensons ; cette exigence de la belle apparence enferme tant de jeunes dans des complexes et des angoisses .. Quel dommage ! La beauté est justement dans l’imperfection .

C’est peut-être ce qu’a pensé Marlène Schiappa en posant pour le magazine Playboy.. Une secrétaire d’état en Une d’un magazine de charme, le timing était surement malvenu en ces temps agités, (pareil pour Pif gadget et l’interview du président), mais j’ai l’impression que tout n’est pas maitrisé dans leur communication.. Bon, ok, ma photo publiée sur ce blog le 3 avril 2020 suite au 1er confinement covid aurait pu me valoir une proposition de parution sur Playboy, mais il n’en a rien été. (Hélas, j’aurais pu montrer mes pinceaux..).. J’avoue que j’aurais préféré une invitation pour un article dans Pratique des Arts ou Plaisir de peindre, chacun ses fantasmes, mais ce sera pour une autre fois..

« La façade d’une maison n’appartient pas à son propriétaire mais à celui qui la regarde« . Ce proverbe chinois peut expliquer ce dictat des apparences, mais il peut introduire aussi certaines de mes aquarelles :

Cette façade de Pernes les fontaines, fleurie d’un rosier Banks m’appartient en quelque sorte par l’interprétation que mon regard d’artiste lui donne. Et qu’importe si je n’ai aucune idée de qui habite dedans ou comment est l’intérieur.. Les rosiers Banks sont en fleurs en ce moment, tout comme les glycines, les forsythias, et même les arbres de Judée qui commencent.. Une merveille à contempler. Il faut en profiter…

J’ai aussi peint cette ruelle de village (technique illustration en 3 couleurs) :

J’y ai rajouté le petit chat à droite en pensant à Nicole et à Dominique ; un petit clin d’oeil à votre fidélité aux exercices proposés sur ce site depuis tant d’années.

Vous avez été très rapides à envoyer les premières interprétations des sujets ; ils sont visibles sur l’onglet concerné. Je compte faire ma version quand le temps me sera donné. Les façades de Roussillon sont immanquables pour moi, j’en suis entouré là-bas, il faut juste faire les bons choix.. Je remercie tous ceux qui m’ont souhaité une bonne reprise à l’atelier ; depuis samedi hélas ce n’est pas terrible ; les visiteurs sont aussi nombreux que les neurones de certains chroniqueurs d’émissions télé.. Je pense que ça ira mieux pour le week-end de Pâques.. Espérons..

Je vous souhaite une belle fin de semaine, dans la beauté de ce que vous êtes au fond de vous, les fleurs sur la façade peuvent aussi faire imaginer qu’il y a des fleurs à l’intérieur..

A bientôt !