Elle court, elle court la rivière insolente… Cela faisait longtemps que je n’avais pas peint une rivière, un peu désabusé par leur manque de succès à la galerie, alors que le travail y est conséquent.. Et puis, comme tout arrive, un monsieur est venu en prendre trois d’un coup..! J’ai donc dû m’atteler à en refaire une, et j’ai pris du plaisir à peindre les arbres et les rochers, et à faire couler l’eau…
Pour les bons observateurs, c’est une version verticale de l’aquarelle « Le bruissement de l’eau » que j’avais peinte à l’horizontal. La dernière image est presque terminée ; je dois encore travailler l’eau du bas pour laisser moins de blancheur… On dit que la vie suis son cours… Que la vie est un long fleuve tranquille (ou pas)…
Il y a une analogie aussi entre notre vie d’artiste et cette eau qui coule, qui se fraye un passage dans les forêts ou les prairies, qui irrigue la végétation alentours, et les pierres dans son lit abritent les poissons ou permettent des lieux de baignades agréables… C’est un peu le rôle de nos peintures ; une parenthèse, un peu de douce fraîcheur et de rêve dans la vie . Ces derniers jours j’ai rencontré des gens formidables à l’atelier, dont les mots m’ont touché au delà de simples compliments.. On se rend compte alors du sens de sa vie, de ce que l’on fait, même si pour certains cela paraît superficiel. Peindre est essentiel. Pouvoir toucher les gens avec ses créations l’est encore plus. J’ai aussi eu la chance de partager un repas avec Jacques Salomé à Roussillon. Une belle rencontre.
Suivre son cours est aussi un clin d’oeil à la reprise des cours d’aquarelle ; hé oui, c’est déjà la rentrée. Pour mes élèves qui lisent ce blog, sachez qu’à Pernes-les-fontaines elle aura lieu le 11 septembre, puis à Velleron le samedi 15, le mercredi 19 et le vendredi 21 septembre.. Les inscriptions doivent se confirmer par téléphone ou par mail.
Concernant les cours par internet, ils seront limités à 10 élèves, et priorité est donnée à ceux qui voulaient prolonger ces cours avant l’été. Il me faut du temps pour m’en occuper c’est pour ça que je ne peux en gérer plus.
« La rivière peut faire maints détours, finalement elle atteint toujours la mer »…
ses multiples ateliers d’artistes, mais aussi St Paul de Vence et ses dizaines de galeries, (j’ai aussi fait un tour à la fondation Maeght), de même que le charmant village de Biot, ou encore le très sélect village de Mougins.. (Il paraît d’ailleurs qu’un peintre espagnol un peu connu y est mort, je me souviens plus du nom, ça se terminait par O, et ses initiales étaient P.P. , mais bon , ça me reviendra..). Le point commun de tous ces endroits , hormis la beauté des lieux, était bien sûr les ateliers d’artistes et les galeries.. J’ai discuté avec certains, rencontré des fatigués, des blasés, des Artistes, et des « artistes », mais hélas pas un seul aquarelliste . A croire que nous sommes en voie d’extinction.. Il y avait aussi beaucoup de reproductions, numérotées ou pas, de leurs oeuvres ; je sais bien que cette pratique est répandue et qu’elle permet au grand public d’accéder à des visuels d’artistes à des prix plus raisonnables, mais je résiste encore à cette tentation ; peut-être ai-je tort car cela demande beaucoup de travail de peindre de petits originaux, mais cela me donne l’impression de m’éloigner du commercial. La frontière est toujours mince quand on tente de vivre de sa peinture, entre le désir d’exprimer son art tel qu’on est, et la réalité qui vous rappelle qu’il faut vendre aussi pour payer son loyer, ses cotisations et autres charges…
Les peintres de la SFA (Société française d’aquarelle) et certains du Canada. Le vernissage est demain à 18h30 mais je ne pourrai y être, étant à Roussillon.
La beauté est dans l’oeil de celui qui regarde…
C’est toujours agréable pour moi de peindre ce genre de sujet, car je me promène sur ce chemin en même temps que je peins. La beauté est tout autour, le silence et la contemplation en sont les compagnons.
J’ai fait des erreurs, des choix hasardeux, mais j’assume les imperfections de mon travail ; je ne suis pas une machine. Des pierres apparentes, du fleurissement, un lieu qui j’espère fait rêver et s’évader un peu, mon but ne va pas plus loin que ça..
J’ai terminé également les deux petits sujets croqués sur le motif avec les stagiaires du début de mois dans le village de Roussillon. Celui du haut ressemble un peu au sujet d’exercice pour élèves, mais c’est un hasard.

Les arbres de Judée, bien sûr… Sur papier Arches, format 22 x 30 cm.
Des reflets de Sorgue (où l’eau est à 12, 14 ° toute l’année) ; j’ai osé mettre du violet et du bleu outremer pour renforcer les tons froids de la composition..
Certains touristes (asiatiques souvent…) auraient bien aimé pouvoir se baigner dans cette lavande, qu’ils vénèrent plus que nous.. Le temps étant passé, c’est au tour des tournesols (dont je vous parlais lors du dernier article) de colorer les champs alentours ; je tenterai de vous montrer une prochaine aquarelle sur ce sujet..
Prise avec mon portable le rendu des couleurs n’est pas excellent sur la photo, mais l’ambiance de l’été y est..
Ce monde de l’image, de l’immédiateté, qui s’est développé depuis l’envahissement d’internet et des téléphones portables change bien plus notre société qu’on ne s’en rend compte.. Tout n’est pas mauvais (vous lisez ce blog par ce biais, et voyez mes vidéos également), mais il ne faut pas oublier de regarder vraiment les choses, les ressentir sur l’instant ; cela vaut tous les selfies du monde..