« Une rose à ma fenêtre me plait plus que toute la métaphysique des livres »..
Cette dernière aquarelle m’a demandé beaucoup de travail car je me suis débattu avec le choix cornélien de détailler le rosier ou de le suggérer.. Ce n’est jamais évident de faire le bon choix, j’ai donc pris le parti de faire entre les deux. Ne cherchez pas de chat, il n’y en a pas. A moins qu’il soit caché quelque part ; prêt à bondir dehors, ou dedans..Pour la dentelle du rideau ce n’est pas du drawing gum mais juste de petites touches sombres avec un pinceau très fin.. En fait, j’adore les rosiers et toutes ces fleurs qui nous ravissent en ce moment ; j’aurais aimé avoir le talent d’Adisorn Pornsirikarn pour les peindre, mais je fais juste avec mes moyens.
On peut dire que le temps est assez maussade, (comme la fréquentation de la galerie), du vent, de la pluie, de la fraîcheur, parfois du soleil… Bref, les fleurs sont ravies mais les impatients et exigeants que nous sommes, un peu moins..
« Le mauvais temps semble toujours pire lorsqu’on le regarde à travers la fenêtre. » (J. Kieran)
Les coquelicots qui rougissent les champs au bord de la route imprègnent les regards, invitent les photographes, et inspirent les peintres.. C’est ce que nous allons faire en stage mercredi après-midi.. Le peu d’inscrits m’a contraint à annuler le jeudi après-midi, mais pensez déjà à celui prévu début août à Roussillon.
Concernant les exercices pour élèves, je posterai les commentaires cette semaine ; le prochain sujet sera le 1er juin. N’ayez jamais honte de votre aquarelle, il y aura toujours meilleur mais aussi moins bon que vous. Se comparer sert à progresser, essayer de comprendre ce qui manque pour faire mieux, pas à se plaindre de sa médiocrité. Bon ou moins bon, on a tous quelque chose d’unique, et l’imperfection nous rend humain.
« Le premier de la classe ignore le plaisir que prend le cancre à regarder par la fenêtre ». (R. Doisneau)
Inspiré d’une des photos en exercice. Vous pouvez remarquer que j’ai rajouté des arbres et des collines.. Le deuxième sujet, l’hibiscus, est également visible sur l’onglet des exercices. Vous avez été fort nombreux à en réussir de magnifiques ; j’essaierai de poster mes commentaires avant la fin du mois..
Pour ceux qui connaissent le village de Murs (en Vaucluse), il y a là-bas 3 chênes pluricentenaires , magnifiques et incontournables.. J’ai toujours eu une faiblesse pour ces grands arbres , plein de sagesse et d’histoire, des monuments vivants en quelque sorte.. Peut-être est-ce mon enfance passée dans les arbres, après l’école, jusqu’à mon bac révisé entre les branches d’un vieil acacia , le désir d’explorer, de prendre de la hauteur, sans doute…
C’était un grand format (43 x 60 cm), qui m’a demandé du temps, du travail et du coeur, et si je vous en parle aujourd’hui c’est qu’elle m’a prouvé qu’il fallait que j’assume mes choix.. En effet, dans l’univers impitoyable (pas de Dallas mais) de l’aquarelle, peindre ce genre de sujet vous catalogue immanquablement par les bien pensants de l’Art, comme un peintre « commercial », qui peint de la lavande et des coquelicots.. Le mépris est fréquent pour ce genre de sujet « que l’on voit trop partout ». J’avoue avoir eu honte de certaines remarques désobligeantes, et je me défendais en expliquant que 1 : je ne faisais pas que ça, et 2 : il fallait bien vivre de sa peinture.. Ce genre de sujet se vendant plus facilement. En vérité, je trouve qu’il y a un certain snobisme derrière cette intolérance aux peintures dites « clichés » de la Provence ; un peu comme ceux qui raillent les chansons de variété parce qu’ils préfèrent le jazz.
La photo ne rend pas bien les nuances de rouges, mais « en vrai », ils ont pas mal de qualités finalement.. Je me souviens avoir obtenu un prix pour un pastel sec dans les années 2000, c’était pour un portrait d’enfant, depuis j’ai surtout réalisé des fruits et des fleurs.. Pour changer un peu, je compte en encadrer certains et les exposer à Roussillon, (les coquelicots sont de saison).. Ce qui m’en empêchais jusqu’alors c’était la difficulté d’exposition (le pastel c’est salissant, et fragile à la manipulation), et les contraintes à vendre sans cadre.. Enfin, si vous passez à la galerie dans quelques jours il se peut qu’il y en ait 2 ou 3..
Même si ce sont souvent des jeunes qui écrivent, cela fait le carburant de notre inspiration. Les ventes d’aquarelles ont été très (très) rares depuis le début du mois, ce genre de message fait beaucoup de bien ; ces petits riens sont comme des sourires quand on en a besoin. Ils transforment le gris en ciel bleu.
Il y a bien des choses en ce monde, des êtres autour de nous, dont on ne réalise l’importance ou la valeur que quand ils ont disparu. Faire parti du décor ne signifie pas être éternel ; Notre Dame de Paris n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de ces choses merveilleuses que nous avons dans notre patrimoine, que nous avons dans un coin de l’oeil, sans y prêter plus d’attention. Il faut donc le départ ou l’absence pour réaliser l’importance de la présence. Ce n’est pas seulement valable pour les bâtiments, ou les êtres, mais c’est aussi valable pour les « futiles » fleurissements qui ne durent que 2 ou 3 semaines.. J’essaye à chaque fois d’en prendre pleinement conscience. C’est peut-être pour ça que j’aime tant les arbres de Judée, les glycines, les pivoines, etc… Il y a dans leur beauté l’impermanence qui se glisse, comme l’eau se glisse dans les pigments de l’aquarelle, donnant cet éclat unique, cette lumière dans nos yeux, qui cherche à nous rappeler que ce que nous peignons, ce que nous vivons, a sa pleine valeur dans le présent.
Voici l’aquarelle dans le mouillé que j’ai pu peindre d’après l’exercice proposé. La photo ne rend pas les nuances, mais bon, ceux qui ont vu mes peintures en vrai peuvent se faire une idée. Je posterai les commentaires avant la fin du mois ; Peut-être que d’ici là il y aura plus de visiteurs intéressés à la galerie, car ce début de saison est plutôt catastrophique.. On verra bien.
Je ne vais pas vous faire la liste des erreurs que je perçois, des manques de transparence, des manques de finesse, etc…, mais cela m’a rappelé qu’à l’époque par exemple je dessinais au drawing gum la courbe des nuages.. Le mouillé sur mouillé m’était inconnu, tout comme le Green gold ou le caput mortum… La vie se charge de mettre sur notre route ce qui nous fait évoluer. Les choses comme les êtres.
Cette aquarelle récente , aux couleurs de Roussillon, n’est sans doute qu’une étape elle aussi, sur le chemin de la progression. L’aquarelle est une longue route…
L’article paru dans la presse est très sympa ; les cours continuent donc jusqu’en juin pour les élèves en cours hebdomadaires..
Il n’était pas évident de rendre attractif l’extrême sobriété du bâtiment , tel un bloc gris et massif, (comme le marteau d’un dieu nordique…) mais j’ai fait ce que j’ai pu. J’ai vécu 3 ans dans ce village, avant Velleron ; la Sorgue y coule paisiblement, comme la vie et ses aléas..
Ils étaient une bonne soixantaine présents vendredi soir au vernissage de l’expo de mes élèves à la chapelle des pénitents ; beaucoup de variétés dans les oeuvres proposées, et des talents en devenir.. (on est toujours « en devenir », même à plus de 50 ou 60 ans…). Bref, cela se termine ce soir, même si les cours continuent eux jusqu’en juin..
Pour les curieux, la voici en photo ; une petite ruelle à Fontaine de Vaucluse, travaillée en 3 couleurs et relevée à la pointe fine..