« La vie est courte ; prenez votre temps… »
Cette citation peut paraître paradoxale, pourtant elle est pleine de sens ; même si tout va trop vite parfois, même si on a l’impression que nos 20 ans étaient hier, même si les mois défilent comme des minutes, il est important de prendre son temps . D’être attentif à l’instant. En aquarelle, il y a parfois une sorte de frénésie à peindre quand la feuille est mouillée et qu’il faut aller vite ; vite avant que ça sèche… Le principal est de ne pas paniquer. Une tache, une erreur, une auréole… et alors ? La vie est faite de choses comme ça, d’imperfections, de mauvais choix, ou de trains loupés, mais c’était sans doute pour que le suivant arrive à bon port. Au bon moment. Tout arrive finalement au bon moment.
Quand je me lance dans une aquarelle, dans le mouillé, j’essaye de gérer l’imprévisible, mais j’accepte aussi les erreurs qui se produiront et les flaques, et les directions indésirables des pigments.. Tout le travail consiste à utiliser ces « aléas » du mieux que l’on peut, pour en faire quelque chose de « beau », ou du moins, qui ait du sens… L’obsession de la beauté finale d’une oeuvre peut être un leurre . Tous les efforts que l’on a fait pour tenter d’y parvenir sont plus importants que le rendu final, c’est pour cela qu’il faut du recul, qu’il faut de la tolérance.. Accepter l’imperfection c’est accepter notre humanité .
Cette aquarelle est une autre vision d’un sujet déjà travaillé. J’y ai mis plus de fleurs, des ombres et de la lumière. Il y a des parties humides et des parties sèches. C’est un grand format qui m’a demandé du temps ; et du coeur.
Je termine avec cette citation de Paulo Coelho :
« Si vous écoutez votre coeur, vous savez précisément ce que vous avez à faire sur terre. Ceci dit, il est normal de nous éloigner à un moment ou à un autre de notre voie. Ce n’est pas grave car, à plusieurs reprises, la vie nous donne la possibilité de recoller à cette trajectoire idéale.«
Cette ballade automnale (par anticipation) est un exemple d’aquarelle récente..
Ce triptyque de rivières partira donc pour la Belgique ; l’eau a plusieurs façon de couler, comme les jours de s’écouler, comme l’aquarelle de s’exprimer…
On peut apercevoir la Ste Victoire dans le fond. (Désolé pour la pub Adidas, ils ne m’ont pas payé pour ça, de même, je précise que ce n’est pas mon année de naissance…). Bref, j’ai compris l’inspiration que l’on pouvait avoir en se baladant entre Vauvenargue et Bibémus.. La nature est la muse suprême..
Il y a une analogie aussi entre notre vie d’artiste et cette eau qui coule, qui se fraye un passage dans les forêts ou les prairies, qui irrigue la végétation alentours, et les pierres dans son lit abritent les poissons ou permettent des lieux de baignades agréables… C’est un peu le rôle de nos peintures ; une parenthèse, un peu de douce fraîcheur et de rêve dans la vie . Ces derniers jours j’ai rencontré des gens formidables à l’atelier, dont les mots m’ont touché au delà de simples compliments.. On se rend compte alors du sens de sa vie, de ce que l’on fait, même si pour certains cela paraît superficiel. Peindre est essentiel. Pouvoir toucher les gens avec ses créations l’est encore plus. J’ai aussi eu la chance de partager un repas avec Jacques Salomé à Roussillon. Une belle rencontre.
ses multiples ateliers d’artistes, mais aussi St Paul de Vence et ses dizaines de galeries, (j’ai aussi fait un tour à la fondation Maeght), de même que le charmant village de Biot, ou encore le très sélect village de Mougins.. (Il paraît d’ailleurs qu’un peintre espagnol un peu connu y est mort, je me souviens plus du nom, ça se terminait par O, et ses initiales étaient P.P. , mais bon , ça me reviendra..). Le point commun de tous ces endroits , hormis la beauté des lieux, était bien sûr les ateliers d’artistes et les galeries.. J’ai discuté avec certains, rencontré des fatigués, des blasés, des Artistes, et des « artistes », mais hélas pas un seul aquarelliste . A croire que nous sommes en voie d’extinction.. Il y avait aussi beaucoup de reproductions, numérotées ou pas, de leurs oeuvres ; je sais bien que cette pratique est répandue et qu’elle permet au grand public d’accéder à des visuels d’artistes à des prix plus raisonnables, mais je résiste encore à cette tentation ; peut-être ai-je tort car cela demande beaucoup de travail de peindre de petits originaux, mais cela me donne l’impression de m’éloigner du commercial. La frontière est toujours mince quand on tente de vivre de sa peinture, entre le désir d’exprimer son art tel qu’on est, et la réalité qui vous rappelle qu’il faut vendre aussi pour payer son loyer, ses cotisations et autres charges…
Les peintres de la SFA (Société française d’aquarelle) et certains du Canada. Le vernissage est demain à 18h30 mais je ne pourrai y être, étant à Roussillon.
La beauté est dans l’oeil de celui qui regarde…
C’est toujours agréable pour moi de peindre ce genre de sujet, car je me promène sur ce chemin en même temps que je peins. La beauté est tout autour, le silence et la contemplation en sont les compagnons.
J’ai fait des erreurs, des choix hasardeux, mais j’assume les imperfections de mon travail ; je ne suis pas une machine. Des pierres apparentes, du fleurissement, un lieu qui j’espère fait rêver et s’évader un peu, mon but ne va pas plus loin que ça..
J’ai terminé également les deux petits sujets croqués sur le motif avec les stagiaires du début de mois dans le village de Roussillon. Celui du haut ressemble un peu au sujet d’exercice pour élèves, mais c’est un hasard.

Les arbres de Judée, bien sûr… Sur papier Arches, format 22 x 30 cm.
Des reflets de Sorgue (où l’eau est à 12, 14 ° toute l’année) ; j’ai osé mettre du violet et du bleu outremer pour renforcer les tons froids de la composition..
Certains touristes (asiatiques souvent…) auraient bien aimé pouvoir se baigner dans cette lavande, qu’ils vénèrent plus que nous.. Le temps étant passé, c’est au tour des tournesols (dont je vous parlais lors du dernier article) de colorer les champs alentours ; je tenterai de vous montrer une prochaine aquarelle sur ce sujet..