Répondre aux questions les plus insolites, les plus déroutantes, c’est aussi ce qui arrive lors de mes permanences à l’atelier de Roussillon.. La dernière en date m’a quelque peu sidéré, j’ai même pensé que c’était une plaisanterie, mais….non.
Regardant mes aquarelles d’automne, avec des champs de vignes, très sérieusement une dame m’a demandé pourquoi je peignais mes lavandes ….en jaune orangé…… (???)
Je ne suis pas du genre moqueur, j’ai beaucoup de patience (parait-il), mais cette question a bien failli m’achever.. Je ne me souviens plus de ce que j’ai répondu, entre la retenue d’un sourire et l’explication sérieuse sur les champs de vignes qui se parent de jaune, d’orangé ou de rouge quand vient l’automne, et que, oui, par moment leurs alignements pouvaient prêter à confusion avec des champs de lavandes… Mais bon ; il me semblait que les hauteurs n’étaient pas les mêmes, ni les couleurs chaudes sur la végétation des alentours… Enfin, j’en déduis qu’il y a des gens qui ne souhaitent voir qu’une chose, et quoique l’on fasse il est difficile de les en détourner…
J’espère que je ne vous lasse pas avec mes aquarelles automnales ; cette dernière a été peinte hier. Pour faire passer l’indigestion des paysages avec des lavandes, cela fait du bien de changer de points de vue..
Pour finir, je vous offre ces quelques melons pour le dessert..
Ce sont les derniers de la saison, il faut en profiter…
Oui je sais, les couleurs de l’automne ne sont pas encore tout à fait là, à peine quelques rougeurs entraperçues ,la fraîcheur matinale semble cependant nous avertir de l’ arrivée imminente de la pluie d’or à venir sur les arbres et les vignes à l’entour.. Ce sera magnifique..
Bien sûr, le chat est un rajout , en guise de présence humaine ; même si cela rend certains « chat foin »…
Cette illustration trouvée sur Facebook , très drôle et très juste, colle parfaitement à mes derniers propos.. Elle mérite qu’on s’y attarde, et devrait nous pousser à réfléchir sur notre corne à nous..
Cette aquarelle est une autre vision d’un sujet déjà travaillé. J’y ai mis plus de fleurs, des ombres et de la lumière. Il y a des parties humides et des parties sèches. C’est un grand format qui m’a demandé du temps ; et du coeur.
Cette ballade automnale (par anticipation) est un exemple d’aquarelle récente..
Ce triptyque de rivières partira donc pour la Belgique ; l’eau a plusieurs façon de couler, comme les jours de s’écouler, comme l’aquarelle de s’exprimer…
On peut apercevoir la Ste Victoire dans le fond. (Désolé pour la pub Adidas, ils ne m’ont pas payé pour ça, de même, je précise que ce n’est pas mon année de naissance…). Bref, j’ai compris l’inspiration que l’on pouvait avoir en se baladant entre Vauvenargue et Bibémus.. La nature est la muse suprême..
Il y a une analogie aussi entre notre vie d’artiste et cette eau qui coule, qui se fraye un passage dans les forêts ou les prairies, qui irrigue la végétation alentours, et les pierres dans son lit abritent les poissons ou permettent des lieux de baignades agréables… C’est un peu le rôle de nos peintures ; une parenthèse, un peu de douce fraîcheur et de rêve dans la vie . Ces derniers jours j’ai rencontré des gens formidables à l’atelier, dont les mots m’ont touché au delà de simples compliments.. On se rend compte alors du sens de sa vie, de ce que l’on fait, même si pour certains cela paraît superficiel. Peindre est essentiel. Pouvoir toucher les gens avec ses créations l’est encore plus. J’ai aussi eu la chance de partager un repas avec Jacques Salomé à Roussillon. Une belle rencontre.
ses multiples ateliers d’artistes, mais aussi St Paul de Vence et ses dizaines de galeries, (j’ai aussi fait un tour à la fondation Maeght), de même que le charmant village de Biot, ou encore le très sélect village de Mougins.. (Il paraît d’ailleurs qu’un peintre espagnol un peu connu y est mort, je me souviens plus du nom, ça se terminait par O, et ses initiales étaient P.P. , mais bon , ça me reviendra..). Le point commun de tous ces endroits , hormis la beauté des lieux, était bien sûr les ateliers d’artistes et les galeries.. J’ai discuté avec certains, rencontré des fatigués, des blasés, des Artistes, et des « artistes », mais hélas pas un seul aquarelliste . A croire que nous sommes en voie d’extinction.. Il y avait aussi beaucoup de reproductions, numérotées ou pas, de leurs oeuvres ; je sais bien que cette pratique est répandue et qu’elle permet au grand public d’accéder à des visuels d’artistes à des prix plus raisonnables, mais je résiste encore à cette tentation ; peut-être ai-je tort car cela demande beaucoup de travail de peindre de petits originaux, mais cela me donne l’impression de m’éloigner du commercial. La frontière est toujours mince quand on tente de vivre de sa peinture, entre le désir d’exprimer son art tel qu’on est, et la réalité qui vous rappelle qu’il faut vendre aussi pour payer son loyer, ses cotisations et autres charges…
Les peintres de la SFA (Société française d’aquarelle) et certains du Canada. Le vernissage est demain à 18h30 mais je ne pourrai y être, étant à Roussillon.
La beauté est dans l’oeil de celui qui regarde…
C’est toujours agréable pour moi de peindre ce genre de sujet, car je me promène sur ce chemin en même temps que je peins. La beauté est tout autour, le silence et la contemplation en sont les compagnons.
J’ai fait des erreurs, des choix hasardeux, mais j’assume les imperfections de mon travail ; je ne suis pas une machine. Des pierres apparentes, du fleurissement, un lieu qui j’espère fait rêver et s’évader un peu, mon but ne va pas plus loin que ça..
J’ai terminé également les deux petits sujets croqués sur le motif avec les stagiaires du début de mois dans le village de Roussillon. Celui du haut ressemble un peu au sujet d’exercice pour élèves, mais c’est un hasard.